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Canal de Suez : l’Egypte exclut tout échange pour réduire la dette publique

Canal de Suez : l’Egypte exclut tout échange pour réduire la dette publiqueGazeti africa 55
30 août 2026
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Ahram Info, Dimanche 30 Août 2026

Le banquier d’affaires Hassan Heikal a évoqué pour la première fois cette proposition, qu’il appelle « le grand échange », lors d’une interview télévisée le 11 janvier 2026, évaluant le canal à environ 200 milliards de dollars.

Le gouvernement égyptien écarte catégoriquement toute possibilité de transférer, d’échanger ou de donner comme garantie la propriété du canal de Suez à la Banque Centrale d’Egypte (BCE) contre une partie de la dette intérieure, après la circulation d’une proposition en ce sens sur les réseaux sociaux et certains sites d’information, rapporte un communiqué de presse du Conseil des ministres, dimanche 30 août.

« Le canal de Suez n’est pas à vendre, ni à échanger contre une dette », tranche le document. Le Conseil des ministres précise que cette proposition constitue « une vision strictement personnelle » de son auteur et ne représente en aucun cas une orientation ou un projet adopté par le gouvernement.

Le canal constitue, selon le Conseil des ministres, un « aménagement public stratégique à caractère particulier », directement lié à la sécurité nationale et à la souveraineté égyptienne. Il occupe également une place centrale dans l’économie du pays et dans le commerce mondial. Les recettes du canal ont bondi de 23 % pour atteindre 4,6 milliards de dollars au cours de l’exercice 2025/26, selon le président de l’Autorité du canal de Suez.

Le Conseil des ministres a souligné que « les experts et personnalités publiques restent libres de présenter leurs analyses et propositions économiques ». Il appelle toutefois à distinguer ces opinions personnelles des positions officielles de l’Etat, annoncées par les canaux officiels et les autorités compétentes.

Un mécanisme financier déjà rejeté

Si les autorités égyptiennes ont reconnu que « des idées visant à échanger certains actifs publics contre la dette intérieure avaient déjà été étudiées dans le cadre de la recherche de différentes solutions pour gérer et réduire la dette publique et le coût de son service », ces études ont conclu que ce mécanisme n’était pas approprié et ne devait pas être intégré aux politiques ou aux instruments retenus par le gouvernement pour gérer la dette publique.

Le Conseil des ministres explique qu’un transfert d’actifs et de dettes entre différentes entités de l’Etat ne permet pas, à lui seul, de réduire les engagements de l’Etat dans leur ensemble. La gestion de la dette nécessite plutôt une approche globale prenant en compte sa structure, le coût de son service, la liquidité intérieure ainsi que les répercussions sur les politiques monétaire et budgétaire.

La dette : une stratégie à plusieurs leviers

Le gouvernement affirme ainsi privilégier une approche globale pour réduire la dette publique, fondée notamment sur l’amélioration des indicateurs des finances publiques, la réalisation d’excédents primaires durables, l’augmentation des ressources de l’Etat et l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques.

Cette stratégie prévoit également d’allonger les échéances de la dette et de réduire le coût de son service, tout en cherchant à maximiser les revenus tirés des actifs appartenant à l’Etat.

Ces derniers peuvent notamment être valorisés dans le cadre de la politique de propriété de l’Etat, des « programmes de cession d’actifs et des partenariats avec le secteur privé », selon des règles claires et transparentes, avec pour objectif de maximiser leur contribution à l’économie nationale tout en préservant les droits de l’Etat et des générations futures.

Dans ce contexte, le ministère égyptien des Finances a déclaré viser à ramener le ratio dette publique/PIB à moins de 80 % d’ici la fin de l’exercice fiscal en cours, après une réduction de 11 % au cours des deux dernières années

Une exception à la règle

Par ailleurs, le Conseil des ministres a également tenu à distinguer cette proposition de la récente opération de règlement des dettes historiques de l’Autorité nationale des médias envers la Banque d’investissement national, pour un montant de 88,3 milliards de livres égyptiennes.

Selon un communiqué du ministère égyptien de la Planification et du Développement économique, transmis le 28 août, cette opération incluait le transfert à la Banque d’investissement national de 44 actifs de l’Autorité nationale des médias, principalement des terrains et des bâtiments, pour une valeur de 18,06 milliards de livres égyptiennes (361,2 millions de dollars). L’Etat doit, de son côté, mettre à disposition des terrains lui appartenant pour couvrir le solde restant. Les biens générant des revenus pour l’Autorité nationale des médias ont été exclus de l’opération  afin de préserver la situation financière de l’organisation et sa capacité à assurer ses missions.

Selon le gouvernement, cette opération constitue une solution financière et institutionnelle apportée à un cas spécifique, en fonction du cadre juridique et financier des deux entités ainsi que de la nature des actifs et des engagements qui les lient. Elle ne saurait donc être assimilée à un mécanisme général de gestion de la dette publique ni servir de modèle pour de futures opérations de transfert d’actifs de l’Etat en contrepartie de dettes.

A l’origine du « grand échange »

Le promoteur de cette idée d’échange est Hassan Heikal, un banquier d’affaires qui a été codirecteur général d’EFG-Hermes, la plus grande banque d’investissement du monde arabe, jusqu’à sa démission en 2013 après 18 ans au sein de l’entreprise.

Heikal a évoqué pour la première fois cette proposition, qu’il appelle « le grand échange », lors d’une interview télévisée le 11 janvier 2026, évaluant le canal à environ 200 milliards de dollars.

Il a relancé cette idée dans un message publié samedi sur X, citant l’exemple de l’accord de règlement de la dette conclu entre l’Autorité nationale des médias et la Banque nationale d’investissement comme un modèle qui, selon lui, pourrait être appliqué à l’échelle nationale, y compris potentiellement au canal de Suez.

Interrogé plus précisément sur la question du canal, Heikal a déclaré que l’échange pourrait plutôt concerner les participations du ministère des Finances dans des banques ou des entreprises publiques sans porter atteinte à la souveraineté nationale.

Les rumeurs concernant la propriété du canal ne sont pas nouvelles. En décembre 2022, le président du Parlement, Hanafy El-Gebaly, a rejeté les rumeurs de vente du canal liées à un projet de loi visant à créer un fonds d’investissement pour les actifs du canal, affirmant que la Constitution interdisait sa vente.

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