Ahram Info, Mercredi 19 Août 2026
« BelMasry » est une plateforme gratuite conçue pour comprendre, transcrire et traduire l’arabe égyptien et l’arabe standard moderne.
Le ministère des Communications et des Technologies de l’information a annoncé le lancement expérimental, mercredi 19 août, d’une plateforme gratuite d’intelligence artificielle (IA) nommée « BelMasry », capable de traiter l’arabe dialectal égyptien et l’arabe standard moderne et de traduire du contenu dans 50 langues étrangères. Pour le moment, 31 langues sont disponibles sur le site qui est toujours en phase expérimentale.
« BelMasry », qui signifie « En égyptien », a été développée par le Centre d’innovation appliquée (AIC), une structure relevant du ministère et constitue la première plateforme d’IA de ce type en Egypte. La plateforme est accessible à tous à l’adresse belmasry.aic.gov.eg.
Son fonctionnement repose sur trois moteurs d’intelligence artificielle développés spécifiquement pour répondre aux particularités linguistiques de l’Egypte.
Le premier permet de convertir la parole en texte, en prenant en charge l’arabe égyptien, ainsi que l’arabe standard moderne parmi les langues disponibles. Ce moteur est notamment capable d’identifier différents locuteurs au cours d’un même enregistrement et de réduire les bruits de fond afin d’améliorer la qualité des transcriptions.
Le moteur de traduction automatique permet de traduire des contenus écrits entre l’arabe, qu’il soit standard ou dialectal égyptien, et 50 langues étrangères (31 dans la version actuelle). Ce second moteur peut notamment être utilisé pour la traduction d’articles et de contenus d’information, mais aussi pour faciliter les échanges entre chercheurs universitaires égyptiens et étrangers ainsi que pour faciliter la compréhension de ces contenus par les expatriés égyptiens.
Le moteur de synthèse vocale, quant à lui, convertit l’arabe écrit en contenu audio et est conçu pour reproduire une prononciation naturelle. Cette technologie pourrait être utilisée dans les assistants virtuels, les interfaces interactives, l’enseignement numérique, la production de contenus et les services publics vocaux.
Une IA conçue à partir de données linguistiques égyptiennes
« BelMasry » se distingue des modèles internationaux par le fait qu’elle a été développée spécifiquement à partir de données linguistiques égyptiennes et arabes, et non adaptée à partir de modèles généralistes.
« L’objectif est notamment de mieux prendre en compte les expressions propres à l’arabe égyptien, les références culturelles et les nuances du langage quotidien », explique le communiqué de presse.
Le ministère estime que les difficultés rencontrées par les systèmes internationaux pour interpréter ces particularités « peuvent créer une forme de fracture numérique, en limitant l’accès à des services adaptés à la langue réellement utilisée par des millions d’Egyptiens ».
Développée par des compétences égyptiennes sous la supervision du ministère, la plateforme s’inscrit également dans la volonté du pays de renforcer sa souveraineté numérique, notamment en matière de traitement des données nationales.
Une plateforme gratuite
Le lancement public intervient après une présentation en avant-première de la plateforme en février au sommet AI Everything Moyen-Orient et Afrique, organisé au Caire.
Le projet s’inscrit dans la deuxième édition de la stratégie nationale égyptienne pour l’intelligence artificielle, couvrant la période 2025-2030. Celle-ci prévoit notamment le développement de modèles d’IA nationaux, la constitution de bases de données arabophones de haute qualité et le renforcement des capacités nationales en matière d’infrastructures numériques.
A travers « BelMasry », les autorités égyptiennes cherchent ainsi à développer une intelligence artificielle davantage adaptée aux réalités linguistiques et culturelles du pays, tout en élargissant l’accès du public aux technologies d’IA.
Dans le cadre de cette stratégie, l’Egypte vise à former 30 000 spécialistes en IA et à porter la contribution de l’intelligence artificielle au PIB à 7,7 % d’ici 2030.
Le pays s’est classé premier en Afrique et 51e au niveau mondial sur 195 pays dans le classement de l’indice de préparation des gouvernements à l’IA 2025 d’Oxford Insights, gagnant 14 places par rapport à l’année précédente.

