Ahram Info, Samedi 15 Août 2026
Les découvertes menées à Tell Abou Seifi renforcent l’hypothèse selon laquelle le site correspondrait à la ville pharaonique de « Mesen », mentionnée dans les textes du Nouvel Empire. Les fouilles suivantes devront se poursuivre pour préciser le rôle stratégique et religieux de ce carrefour majeur antique.
Une mission archéologique égyptienne a mis au jour de nouvelles découvertes à Tell Abou Seifi, dans la ville d’El Qantara Est (gouvernorat d’Ismaïlia), à l’est de l’Egypte, apportant un éclairage inédit sur l’évolution architecturale et militaire du site à travers les époques, redessinant ainsi les contours de la célèbre route militaire d’Horus, selon un communiqué du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, samedi 15 août 2026.
« Ces résultats soulignent le rôle stratégique et civilisationnel joué par cette région dans la protection des frontières orientales de l’Egypte. Il a précisé que la poursuite des fouilles le long de la route d’Horus permet de reconstruire l’histoire de cette voie et de ses différentes stations », précise le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy.
Les travaux de cette saison ont permis de corriger les interprétations d’anciennes fouilles menées au cours des décennies précédentes.

« La mission a achevé le dégagement d’un imposant mur d’enceinte en briques crues, doté de portes et de pièces intérieures. Les études ont confirmé qu’il s’agissait du mur extérieur délimitant l’enceinte sacrée du temple, et non du temple lui-même comme on le supposait auparavant », a expliqué le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, Hisham El-Leithy.
De son côté, le chef du secteur des Antiquités égyptiennes, Mohamed Abdel-Badie, a indiqué que deux routes pavées successives menant au temple ont été identifiées : une première ptolémaïque, surmontée d’une voie romaine plus étroite.
Et d’ajouter que « les vestiges du temple révèlent des pièces de stockage au nord et des salles de service plus vastes au sud, menant jusqu’au « Saint des Saints », dont la structure a été détruite par des travaux d’extraction de pierres à la fin de l’époque romaine ».
Une vocation stratégique confirmée par le matériel archéologique
De son côté, le directeur général des Antiquités du Sinaï et directeur de la mission, Mahmoud Galal a recensé plusieurs artefacts à caractère administratif et militaire.
Parmi eux figurent une partie de statue en schiste datant de la 26e dynastie représentant un scribe de l’armée tenant un naos brisé, une statue sans tête ni pieds de la Basse Epoque, un torse royal en basalte, ainsi que des fragments de statues de faucons en basalte et en calcaire, explique le communiqué.
De l’apogée ptolémaïque aux fours à chaux romains
Les stratigraphies étudiées montrent que le temple mis au jour sur le site archéologique de Tell Abou Seifi, à El Qantara Est (dans le gouvernorat d’Ismaïlia), a atteint son apogée architectural sous l’époque ptolémaïque.
« Au 3e siècle, le site s’est transformé en casernes militaires romaines (Castrum) », indique le communiqué.
Et d’ajouter qu’à la fin de la période romaine, l’endroit a été transformé en carrière pour la production de chaux.
La mission archéologique égyptienne opérant à Tell Abou Seifi a d’ailleurs découvert deux immenses fours circulaires érigés sur les angles du Saint des Saints, contenant encore des restes de pierres calcaires brûlées.
Mais l’une des découvertes majeures de cette campagne reste la mise au jour de la moitié d’un imposant linteau supérieur en grès, brisé en deux, indique le communiqué.
« Cette pièce gravée sur trois faces, porte les titres du roi Ramsès II ainsi qu’un texte mentionnant des travaux de restauration effectués pour une statue du dieu « Horus, seigneur de la ville de Mesen ». Il s’agit d’un indice déterminant pour l’identification du site », a souligné le chef de l’administration centrale pour la Basse-Egypte et le Sinaï et chef de la mission, Hisham Hussein.
L’ensemble de ces découvertes étaye la forte probabilité que Tell Abou Seifi corresponde à la ville pharaonique de « Mesen », mentionnée dans les textes du Nouvel Empire », précise le communiqué.
Les fouilles se poursuivront lors des prochaines saisons archéologiques pour trancher définitivement cette question et confirmer le rôle clé de Tell Abou Seifi comme carrefour militaire, religieux et économique sur la route d’Horus, de l’époque pharaonique à l’ère romaine.

