AFP, Mercredi 13 Mai 2026
L’ancienne première dame du Rwanda Agathe Habyarimana a annoncé mercredi se pourvoir en cassation contre la décision de la cour d’appel de Paris d’annuler son non-lieu et d’autoriser la reprise des investigations sur son éventuelle implication dans le génocide de 1994.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a infirmé le 6 mai le non-lieu prononcé en août dernier par deux juges d’instruction parisiennes, conformément à la demande du Parquet national antiterroriste, compétent pour les crimes contre l’humanité, et des parties civiles.
L’avocat d’Agathe Habyarimana, Philippe Meilhac a regretté une décision qui risque d’allonger « encore davantage la durée d’une procédure déjà, et depuis longtemps, déraisonnable, » rappelant qu’on est « à près de 20 ans d’instruction. »
« Agathe Habyarimana va donc se pourvoir en cassation et solliciter l’examen immédiat du pourvoi qui sera suspensif. Elle n’hésitera pas à saisir la Cour européenne des droits de l’Homme s’il le faut, » a-t-il annoncé.
Les parties civiles dénoncent de leur côté un pourvoi en cassation “voué à l’échec.”
Âgée de 83 ans, Agathe Habyarimana est la veuve de l’ancien président hutu du Rwanda Juvénal Habyarimana, dont l’assassinat le 6 avril 1994 a déclenché le génocide des Tutsis. D’avril à juillet, les massacres ont fait 800 000 morts selon l’ONU.
Depuis 2007, l’ex-première dame fait l’objet en France d’une information judiciaire pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité.
Selon les associations de parties civiles à l’origine de la plainte, elle était une des dirigeants de l' »Akazu » — le premier cercle du pouvoir hutu qui aurait orchestré le génocide.
Agathe Habyarimana rejette ces accusations, se présentant comme une mère au foyer de huit enfants sans lien avec la politique.

