APA, Samedi 28 Mars 2026
Le Rwanda a vivement critiqué vendredi la tentative du président burundais Évariste Ndayishimiye d’obtenir un soutien continental à la candidature de Macky Sall à l’ONU, après son rejet par vingt États membres de l’Union africaine, qui ont dénoncé une procédure irrégulière.
Le Rwanda a dénoncé vendredi un « diktat » du président burundais Évariste Ndayishimiye, après le rejet par vingt États membres de l’Union africaine (UA) du projet de soutien continental à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies.
Dans une déclaration sur X, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhunguirehe a estimé que cet épisode constitue « un rappel cinglant que le leadership compte », déplorant qu’une organisation continentale puisse être « plongée dans une crise par son propre président en exercice ».
La Commission de l’UA a confirmé, dans une note verbale datée du 27 mars 2026, que le projet de décision n’avait pas été adopté, vingt États membres ayant « rompu le silence » dans le cadre de la procédure silencieuse, empêchant ainsi sa validation.
Selon Kigali, ce rejet ne vise pas la personne de Macky Sall, mais « une procédure viciée », jugée contraire aux principes régissant les candidatures africaines dans le système international. Le chef de la diplomatie rwandaise reproche notamment à Gitega d’avoir initié la candidature sans consultation préalable des États membres, avant de tenter d’en obtenir une validation accélérée.
D’après Kigali, la démarche remonte au 2 mars 2026, lorsque le représentant permanent du Burundi auprès des Nations Unies a notifié la candidature au nom de la présidence en exercice de l’UA, sans concertation. Une tentative de ratification a posteriori aurait ensuite été engagée via une réunion restreinte du Bureau de l’UA, suivie d’une procédure silencieuse limitée à vingt-quatre heures.
« De nombreux États membres ne pouvaient accepter un tel diktat », a affirmé le ministre rwandais, saluant leur décision de bloquer le processus et de rappeler que l’UA est « régie par l’État de droit ».
Cette séquence a également mis en lumière la position du Sénégal. Dans une note verbale distincte, Dakar a indiqué n’avoir « à aucun stade endossé » la candidature de Macky Sall et ne pas avoir été associé à l’initiative, soulignant ne pas être partie prenante de la démarche.
La candidature avait pourtant reçu un soutien de principe la veille, lorsque le Bureau de l’Assemblée de l’UA avait mis en avant l’expérience et le profil de l’ancien chef d’État sénégalais, appelant à une solidarité africaine.
Privé de l’appui institutionnel du continent et désavoué par son propre pays, Macky Sall devra poursuivre toute éventuelle candidature sans soutien officiel de l’UA, même si le Burundi continue de la défendre.
Dans la course à la succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève en décembre 2026, d’autres candidats restent en lice, dont Rafael Grossi et Rebeca Grynspan, tandis que Michelle Bachelet a perdu le soutien de son pays. Les auditions publiques débuteront le 20 avril.

