AHRAM INFO, Jeudi 09 Avril 2026
Pour l’année 2026, le ministère prévoit également un programme ambitieux comprenant le forage de 101 puits d’exploration, afin de renforcer les réserves de gaz et de pétrole pour répondre aux besoins du marché local, a expliqué le ministre égyptien du Pétrole lors d’une table ronde organisée par la Chambre de commerce américaine en Egypte.
Les autorités égyptiennes ont pris les dispositions financières nécessaires pour apurer les arriérés dus aux compagnies étrangères, avec l’objectif de ramener ces dus à zéro d’ici le 30 juin 2026, a affirmé mercredi 8 avril le ministre du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, selon un communiqué officiel.
Le ministre s’est exprimé lors d’une table ronde organisée par la Chambre de commerce américaine en Egypte, en présence de grandes compagnies internationales telles qu’Apache, Chevron, BP et Shell.
Il y a assuré que le pays est parvenu à « enrayer le déclin de la production pétrolière et gazière », atteignant une phase de stabilisation à la fin de l’année 2025, marquant l’entrée de l’Egypte dans une nouvelle phase de transformation de son secteur énergétique.
Cette dynamique vise désormais à renforcer durablement les capacités de production et à convertir les défis actuels en opportunités d’investissement prometteuses.
Badawi a indiqué que ces efforts s’accompagnent d’une « accélération du déploiement et de l’élargissement de l’usage des énergies renouvelables, contribuant à réduire les pressions sur l’économie », d’après le communiqué.
Pour l’année 2026, le ministère prévoit également un programme ambitieux comprenant le forage de 101 puits d’exploration, afin de renforcer les réserves de gaz et de pétrole et de répondre aux besoins du marché local, « entièrement assurés pour tous les secteurs depuis juillet dernier ».
Au cœur de cette stratégie figure l’attraction d’investissements étrangers, à travers l’injection de nouveaux capitaux et l’introduction de technologies avancées favorisant de nouvelles explorations.
Le ministre a souligné que le partenariat avec le secteur privé constitue « la pierre angulaire » de la stratégie de croissance, mettant en avant la régularité du paiement des partenaires étrangers ainsi que la mise en place d’un ensemble d’incitations à l’investissement plus flexibles.
Soutenir l’investissement
Selon le communiqué, l’un des objectifs majeurs est « d’aider les partenaires à réduire les coûts de production inefficaces, tout en abaissant également les coûts de production pour l’Etat, afin de réorienter les investissements vers l’exploitation du gaz dans des zones jusque-là inexploitées », a fait savoir le ministre.
Cette orientation intervient dans un contexte où les prix fixés dans les accords existants « ne sont plus adaptés à la situation actuelle ».
Prenant l’exemple du désert occidental, il a souligné la nécessité de mieux comprendre les mécanismes d’investissement des partenaires et leur capacité à récupérer leurs investissements durant la période contractuelle.
Révision de la durée des accords
Le ministre a également mis en avant une réforme clé : la révision de la durée des accords pétroliers.
Souvent limités à cinq ans, ces contrats constituaient un frein majeur à l’investissement, en raison de la difficulté pour les entreprises de récupérer leurs coûts dans des délais aussi courts.
« Le gouvernement a engagé une révision de ces accords, avec des extensions de durée et des renouvellements jugés essentiels », a précisé le ministre.
Dans le même cadre, l’Etat prévoit de proposer de nouveaux blocs d’exploration et de production à proximité des infrastructures existantes, permettant aux partenaires d’étendre leurs activités tout en réduisant les coûts opérationnels et d’investissement.
2,75 milliards de pieds cubes de gaz par jour
Karim Badawi a également présenté les axes de la stratégie visant à positionner l’Egypte comme un hub régional du gaz, en renforçant les interconnexions avec des pays comme Chypre et en développant les infrastructures, notamment grâce à des unités de regazéification d’une capacité totale de 2,75 milliards de pieds cubes par jour.
S’agissant de la coopération avec Chypre, il a affirmé que celle-ci constitue une « autre réussite remarquable en matière de partenariat et d’intégration, fondée sur la création de valeur ajoutée et le travail conjoint avec nos partenaires ».
Le ministre a ajouté que ces ressources peuvent être orientées vers des industries telles que la production d’engrais ou servir à répondre à la demande croissante du marché local.
Raffinage, énergies vertes et mines
Dans le secteur du raffinage, le gouvernement prévoit la mise en œuvre de plusieurs projets majeurs entre 2026 et 2030, afin d’atteindre l’autosuffisance en produits pétroliers.
Parmi les principaux projets figurent l’extension de la raffinerie MIDOR pour porter sa capacité à 160 000 barils par jour, ainsi que le complexe de production de diesel ANOPC à Assiout.
Le ministre a également mis en avant l’orientation vers les énergies vertes, avec des projets de production de carburant aérien durable (SAF) et d’ammoniac vert, en partenariat avec Mopco et la société norvégienne Scatec.
Le secteur minier
Concernant le secteur minier, il a présenté une stratégie visant à accroître sa contribution au PIB, en s’appuyant sur les ressources du bouclier arabo-nubien riche en minerais, ainsi que sur des infrastructures développées comprenant des ports miniers et un vaste réseau routier.
Il a souligné que la transformation de l’Autorité des ressources minérales en entité économique, combinée à de nouveaux modèles d’accords d’exploitation et à un ensemble d’incitations, renforce la compétitivité de l’Egypte en tant que destination minière mondiale, notamment dans les domaines de l’or, du cuivre et du phosphate.
Le ministre a conclu en saluant le rôle de la Chambre de commerce américaine dans le renforcement de la coopération entre les acteurs du secteur, ainsi que celui des partenaires internationaux et locaux. Il a souligné que la synergie entre l’Etat et le secteur privé constitue la véritable garantie pour assurer la prospérité et la sécurité énergétique de l’Egypte.

