L’Express de Madagascar , Mercredi 04 Novembre 2026
Le projet de loi de finances 2027 prévoit une augmentation de la taxe sur le gazole. Cette mesure s’inscrit notamment dans les engagements pris par Madagascar auprès du FMI dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Rétablir la cohérence de la taxation des produits pétroliers. C’est l’objectif avancé dans le projet de loi de finances 2027 pour justifier la hausse envisagée de la taxe sur le gazole, l’une des principales mesures fiscales inscrites dans le texte.
Dans la rubrique consacrée à la taxe sur les produits pétroliers (TPP), le projet prévoit d’aligner la taxation du gazole sur celle de l’essence. Son montant passerait ainsi de 228 à 503 ariary par litre, soit une augmentation de 275 ariary. Selon le texte, l’écart de taxation entre ces deux carburants constitue un avantage fiscal implicite en faveur du gazole, dont les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) par litre sont supérieures à celles de l’essence. Outre la cohérence budgétaire, le projet invoque donc la réduction de la consommation de combustibles fossiles pour justifier cette mesure.
« L’alignement de la TPP du gazole sur celle de l’essence rétablit la cohérence de la taxation des produits pétroliers, renforce le signal en faveur de la réduction de la consommation de combustibles fossiles », précise le texte. Celui-ci affirme également que cette mesure « s’inscrit dans les engagements pris au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) ». Avec la Facilité élargie de crédit (FEC), la FRD constitue l’un des programmes de financement du Fonds monétaire international (FMI) en faveur de Madagascar.
Le document présentant les engagements de l’État dans le cadre de la FRD prévoit en effet « d’augmenter progressivement les accises et les autres droits sur le diesel pour les aligner sur le niveau applicable à l’essence ». Au-delà de la fiscalité des carburants, les engagements pris dans le cadre des programmes FEC et FRD accordent une place importante à la mobilisation des ressources intérieures et à la maîtrise des dépenses publiques. Le FMI l’a notamment rappelé dans son communiqué du 30 septembre annonçant la décision de son conseil d’administration d’autoriser un décaissement de 155 millions de dollars en faveur de Madagascar.
Mobilisation des recettes
« Des efforts renouvelés en matière de mobilisation des recettes intérieures et un renforcement de la gestion des finances publiques sont essentiels pour garantir la viabilité budgétaire et dégager des marges de manœuvre pour les dépenses sociales et les leviers de croissance (…) », recommande le FMI dans ce communiqué.
À l’issue de sa visite de travail dans la Grande Île, début octobre, la mission d’évaluation du FMI, conduite par Constant Lonkeng, a réitéré la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes publiques. Le relèvement de la taxe sur le gazole s’inscrit dans cette orientation. « Le gouvernement de la Refondation entend poursuivre les efforts engagés en faveur de la relance économique tout en veillant à la préservation des équilibres des finances publiques. Ainsi, les orientations budgétaires retenues privilégient la consolidation de la mobilisation des recettes intérieures et l’amélioration de l’efficience de la dépense publique (…) », souligne la lettre de cadrage relative au projet de loi de finances 2027.
Inscrite parmi les mesures douanières, la hausse de la taxe sur le gazole devrait rapporter plus de 257 milliards d’ariary à l’État. Elle fait partie d’un ensemble de dispositions destinées à accroître les recettes publiques, notamment en élargissant l’éventail des produits et des activités soumis à l’impôt. Le projet de loi de finances 2027 prévoit ainsi plusieurs nouvelles impositions et révisions tarifaires. Parmi elles figure l’extension des droits d’accise aux parfums et aux produits cosmétiques, qu’ils soient fabriqués localement ou importés. Le rendement attendu de cette mesure est évalué à plus de 2 milliards d’ariary.
Les marchandises classées parmi les biens de luxe ou les produits nocifs pour la santé sont également concernés. Le projet prévoit l’application d’un droit de douane de 30 % à plusieurs catégories de produits, notamment les boissons alcoolisées, les cigarettes et autres produits contenant de la nicotine, les bijoux, les articles d’horlogerie, certains véhicules de tourisme de forte cylindrée ainsi que les bateaux de plaisance. L’instauration de ce taux devrait rapporter près de 12 milliards d’ariary.
D’autres produits finis sont visés par un relèvement des droits de douane à 30 %, notamment ceux pour lesquels une production locale existe. La liste comprend, entre autres, les biscuits, les confiseries, les chocolats, le couscous, les bières, les boissons sucrées, les conserves de poisson et les savons. Les téléphones intelligents, les montres connectées, les casques sans fil et les autres objets connectés portés sur soi sont également concernés par cette révision tarifaire. L’ensemble de ces relèvements devrait générer près de 36 milliards d’ariary.

