Agence Seychelloise de Presse, Mercredi 04 Novembre 2026
Les Seychelles ont annoncé leur soutien à la diplomate des Émirats arabes unis (EAU), Lana Nusseibeh, dans sa candidature au poste de prochain Secrétaire général des Nations unies (ONU), mettant en avant son expérience en diplomatie internationale et son engagement à représenter les intérêts des petits États.
Ce soutien intervient alors que le processus de sélection du prochain Secrétaire général de l’ONU est en cours.
Le Conseil de sécurité devrait se mettre d’accord sur un candidat avant la fin de 2026.
Aucune date n’a encore été annoncée pour un vote officiel du Conseil de sécurité. Le candidat retenu succédera à António Guterres, dont le second mandat de cinq ans prendra fin le 31 décembre 2026.
Dans un communiqué publié, la présidence des Seychelles a décrit Lana Nusseibeh comme une candidate exceptionnelle pour le poste le plus élevé de l’ONU.
« Son leadership avéré dans la diplomatie multilatérale ainsi que son engagement en faveur de la paix et de la prise en compte des voix des petits États font d’elle une candidate exceptionnelle », a déclaré State House.
« Les Seychelles lui souhaitent plein succès », a ajouté le communiqué.
Lana Nusseibeh est officiellement entrée dans la course le 21 octobre, après avoir été désignée par les Émirats arabes unis.
Lors du septième scrutin informel organisé par le Conseil de sécurité le 30 octobre, elle a obtenu sept voix « encourage », six voix « décourage » et deux votes « sans opinion », se classant ainsi en quatrième position parmi les candidats. Rebeca Grynspan, du Costa Rica, est arrivée en tête avec 11 voix « encourage ».
Il s’agissait du premier scrutin informel auquel Lana Nusseibeh participait depuis son entrée dans la course.
Ces scrutins informels visent à permettre aux membres du Conseil de sécurité d’évaluer le soutien dont bénéficient les candidats avant de formuler une recommandation officielle à l’Assemblée générale. Les résultats ne sont pas officiellement publiés par le Conseil de sécurité.
Le scrutin du 30 octobre ne faisait pas de distinction entre les votes des membres permanents et ceux des membres élus du Conseil de sécurité. Il n’est donc pas possible de savoir si l’une des six voix « décourage » obtenues par Lana Nusseibeh provenait d’un membre permanent disposant du droit de veto.
Qui est Lana Nusseibeh ?
Lana Nusseibeh est une diplomate émiratie expérimentée. Elle a été représentante permanente des Émirats arabes unis auprès des Nations unies à New York de 2013 à 2024, devenant ainsi la première femme à occuper cette fonction.
Elle est actuellement ministre d’État des Émirats arabes unis et envoyée auprès de l’ONU et de l’Union européenne. Elle a toutefois pris un congé de ses fonctions au sein du gouvernement émirati afin de poursuivre sa candidature.
Durant son mandat de représentante permanente, elle a joué un rôle important dans la représentation des Émirats arabes unis auprès de l’ONU, notamment lorsque le pays siégeait au Conseil de sécurité pour la période 2022-2023.
Son travail diplomatique a porté principalement sur la paix et la sécurité internationales, la résolution des conflits, les affaires humanitaires, la participation des femmes aux processus de paix et la coopération multilatérale.
Elle a également présidé le Conseil exécutif d’ONU Femmes en 2017 et a dirigé à deux reprises les travaux du Conseil de sécurité de l’ONU pendant la période où les Émirats arabes unis y siégeaient en tant que membre élu.
Lana Nusseibeh a étudié à l’Université de Cambridge ainsi qu’à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres.
Sa candidature intervient dans un contexte marqué par les appels à la nomination de la première femme au poste de Secrétaire général de l’ONU, au cours des 81 années d’existence de l’organisation.
Les Seychelles et les Émirats arabes unis entretiennent des relations bilatérales étroites
Les Seychelles et les Émirats arabes unis ont établi des relations diplomatiques en 1982 et ont depuis développé une solide coopération bilatérale dans plusieurs domaines, notamment le tourisme, l’aviation, les infrastructures, le logement, les énergies renouvelables, la santé et le développement économique.
Les Émirats arabes unis sont devenus l’un des principaux partenaires de développement des Seychelles, apportant une assistance financière et technique à des projets visant à améliorer les services publics et les infrastructures.
En février 2026, les Seychelles ont signé un accord de financement sous forme de don d’environ 8,7 millions de dollars avec le Fonds d’Abou Dhabi pour le développement, en vue de la construction de 80 logements destinés aux familles à faibles revenus à Orchid Village.
L’accord a été signé lors de la visite du président Patrick Herminie à Dubaï, à l’occasion du Sommet mondial des gouvernements, illustrant la poursuite de la coopération entre les deux pays.
Récemment, les Émirats arabes unis ont également soutenu plusieurs projets d’infrastructures aux Seychelles, notamment des usines de dessalement destinées à améliorer la sécurité de l’approvisionnement en eau, le complexe sportif d’Anse Royale et un projet de logements à Grand Anse Mahé.
L’aviation et le tourisme constituent un autre volet important de cette relation. La compagnie Emirates, qui a commencé à desservir les Seychelles en 2005, est devenue l’une des principales compagnies aériennes reliant l’archipel aux marchés internationaux via Dubaï.
Selon State House, Emirates a représenté environ 32 % des arrivées de visiteurs aux Seychelles en 2025.
Lors de discussions avec des responsables émiratis en mai 2026, le président Herminie s’est félicité du rétablissement des vols quotidiens d’Emirates et a réaffirmé l’importance de la compagnie pour le secteur touristique et la connectivité internationale des Seychelles. Etihad a également rétabli ses vols vers l’archipel.
Les deux pays partagent également des intérêts dans les domaines du développement durable, du changement climatique, de la sécurité maritime et de la prise en compte des défis particuliers auxquels sont confrontés les petits États insulaires en développement.
Sélection du prochain Secrétaire général de l’ONU
En vertu de la Charte des Nations unies, le Secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité, composé de 15 membres.
Un candidat doit obtenir au moins neuf voix favorables au Conseil de sécurité et ne doit faire l’objet d’aucun veto de la part de l’un des cinq membres permanents : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le Conseil de sécurité organise des scrutins informels à huis clos afin d’évaluer le soutien dont bénéficient les candidats. Les résultats de ces votes ne sont pas officiellement publiés par le Conseil.
Une fois qu’un accord aura été trouvé sur un candidat, le Conseil de sécurité formulera une recommandation officielle à l’Assemblée générale, qui examinera ensuite cette recommandation et procédera à la nomination du Secrétaire général.
Aucune date n’a encore été annoncée pour la recommandation du Conseil de sécurité ni pour la réunion ultérieure de l’Assemblée générale chargée de nommer le prochain Secrétaire général.
Le candidat retenu devrait prendre ses fonctions le 1er janvier 2027, pour un mandat de cinq ans.

