AFP, Dimanche 26 Avril 2026, 16 h 25
Le Mali bascule dans l’incertitude après la mort du ministre de la Défense Sadio Camara, tué dans l’attaque ayant visé sa résidence de Kati, ce samedi 25 avril. À Kidal, les rebelles touareg affirment avoir conclu un accord avec les mercenaires russes d’Africa Corps, afin que ces derniers puissent évacuer.
« Dans l’attaque de Kati, le ministre (Sadio) Camara a été tué ainsi que sa seconde femme (…)« , a indiqué à l’AFP un membre de sa famille. « Nous avons perdu un être très cher, le ministre de la Défense. Il est tombé sur le champ d’honneur« , a affirmé une source gouvernementale, confirmée par d’autres sources militaires.
Depuis samedi, l’incertitude planait autour de la mort du ministre, figure des autorités militaires depuis le coup d’État de 2020. Sa résidence à Kati avait été en grande partie détruite par une forte explosion samedi, selon des habitants. Son entourage avait alors démenti des allégations selon lesquelles il aurait été blessé.
« Nous avons vu un convoi militaire partir »
Face à ces événements, l’État-Major Général des Armées (EMGA) a publié ce dimanche un communiqué affirmant que « la traque des Groupes Armés Terroristes se poursuit à Kidal, Kati et dans d’autres localités du pays« . Il précise que « les niveaux d’alerte ont été relevés dans tout le pays, des couvre-feux instaurés, des patrouilles de grandes envergures intensifiées et des points de contrôle renforcés pour assurer une surveillance accrue face à la menace. »
L’EMGA assure que « les FAMa restent engagées et déterminées à défendre l’intégrité du territoire et à garantir la sécurité nationale« , et exhorte la population « à demeurer vigilante en signalant toute activité suspecte aux autorités compétentes. »
Les combats reprennent à Kati
Les combats ont également repris à Kati ce dimanche entre djihadistes et armée malienne. C’est dans cette ville, à quinze kilomètres de la capitale, que se trouvent le quartier général de l’armée malienne ainsi que la résidence du général Assimi Goïta, président malien.
« Les combats (y) ont repris (dans la matinée) un peu partout. Les djihadistes sont vers la colline » au-dessus de la ville, a déclaré à l’Agence France Presse un résident de la ville. « L’aviation est aussi entré dans la danse », a affirmé un autre habitant à nos confrères. La ville-garnison de Kati a été attaquée ce samedi par les djihadistes du JNIM, alliés à Al-Qaida, et les rebelles touareg du FLA.
Dans un communiqué diffusé samedi soir, le JNIM déclare assumer « la responsabilité » pour les attaques ayant visé samedi « le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako et « les sites militaires dans la ville de Kati » voisine.
Fait inédit, le mouvement s’adresse également à la Russie et annonce vouloir « neutraliser la partie russe du conflit, en échange de la non-prise de cible de cette dernière« . Le ministère russe des Affaires étrangères a cependant condamné les « actions des terroristes » dans la nuit de samedi à dimanche.
« Extrémisme violent »
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a condamné « l’extrémisme violent » après ces attaques, appelant à « un soutien international coordonné pour faire face à la menace évolutive (…) au Sahel« . L’Union européenne a également condamné les attaques, réaffirmant « son engagement en faveur de la paix, la sécurité et la stabilité au Mali« .

