Agence Seychelloise de Presse, Dimanche 06 septembre 2026
Les Seychelles explorent les technologies et l’expertise indiennes afin de transformer les déchets issus de la transformation du poisson en produits à plus forte valeur ajoutée, alors que l’archipel cherche à accroître les retombées économiques de son industrie thonière et de ses autres ressources marines.
Cette initiative figure parmi les sujets abordés lors d’une mission officielle de haut niveau d’une délégation seychelloise en Inde, du 24 au 29 août, conduite par le ministre de la Pêche, de l’Agriculture et de l’Économie bleue, Wallace Cosgrow.
La délégation a rencontré des représentants du gouvernement, des institutions de recherche, du milieu universitaire et du secteur privé à New Delhi, Hyderabad et Kochi. Les discussions ont porté notamment sur la pêche, l’aquaculture, l’agriculture, la recherche marine et les technologies.
Une attention particulière a été accordée aux moyens de mieux valoriser les matières résiduelles issues de la transformation du poisson, plutôt que de les considérer uniquement comme des déchets.
Lors des discussions avec le Département indien de la pêche, les deux parties ont notamment abordé la transformation du thon, la diversification des produits et l’utilisation durable des déchets issus de la transformation du poisson, dans le cadre des efforts visant à renforcer les chaînes de valeur dans le secteur de la pêche.
Le sujet a été approfondi lors de la visite de la délégation à l’ICAR-Central Institute of Fisheries Technology (CIFT), à Kochi. Les échanges ont porté sur la transformation du poisson, la valorisation des déchets, le contrôle de la qualité et les approches liées à l’économie circulaire.
Wallace Cosgrow a souligné l’importance de maximiser les revenus tirés des prises débarquées, notamment du thon. La délégation seychelloise s’est particulièrement intéressée à la possibilité de produire des produits à forte valeur ajoutée à partir des résidus de transformation du poisson et des algues.
La mission en Inde ne s’est toutefois pas limitée à la valorisation des déchets. Les Seychelles ont également étudié des technologies liées à l’aquaculture de précision, aux systèmes aquacoles en circuit fermé, à la technologie biofloc, ainsi que l’utilisation potentielle de l’intelligence artificielle et de l’Internet, des objets dans la pêche et l’aquaculture.
À Kochi, les discussions sur la recherche marine ont également porté sur l’évaluation des stocks, les effets du changement climatique, la mariculture, la pêche au thon, la valorisation des algues et la bioprospection marine, ainsi que sur les systèmes numériques destinés à collecter et analyser les données sur la pêche.
La valorisation des sous-produits de la transformation du poisson revêt une importance particulière pour les Seychelles, où la transformation du thon génère déjà d’importantes quantités de matières résiduelles.
Le National Tuna Industry Development Framework de 2024 estime à environ 80 000 tonnes les besoins annuels en thon brut de la conserverie de Thon de l’océan Indien (IOT), avec des projets visant à porter ce volume à 100 000 tonnes. Certains sous-produits de la transformation du thon sont déjà valorisés commercialement, notamment pour produire de la farine et de l’huile de poisson destinées à des secteurs tels que l’industrie pharmaceutique et les nutraceutiques.
Les Seychelles cherchent désormais à tirer davantage de valeur de ces matières. En juin 2026, Wallace Cosgrow avait déclaré que les déchets de poisson devraient de plus en plus être considérés comme une ressource économique pouvant être transformée en aliments pour animaux, engrais organiques et autres bioproduits.
Cette question faisait partie des discussions lors de la mission de la délégation seychelloise en Inde, où les responsables ont étudié l’expertise indienne dans la production de produits à forte valeur ajoutée à partir des résidus de transformation du poisson et des algues.
Une évaluation distincte des pertes après capture dans le secteur seychellois de la pêche avait également relevé que les sous-produits de la transformation du thon sont déjà utilisés localement pour produire de la farine de poisson et de l’huile de poisson riche en oméga-3.
Cette évaluation avait toutefois identifié plusieurs obstacles à l’extension de ces activités, notamment le coût élevé des services publics, les besoins en équipements spécialisés et la nécessité de disposer d’un approvisionnement régulier en matières premières.
Le National Tuna Industry Development Framework considère la réduction des déchets et la promotion d’une économie circulaire comme des priorités pour l’industrie. Il recommande notamment d’intensifier les efforts visant à générer des revenus à partir des déchets, rebuts et résidus produits par le secteur thonier.
Wallace Cosgrow a également récemment plaidé pour que les déchets de poisson et les sous-produits de transformation soient davantage considérés comme des ressources économiques pouvant être transformées en farine de poisson, aliments pour animaux, engrais organiques et autres bioproduits.
Le port de Victoria reste l’un des principaux ports thoniers de la région et un important centre de la chaîne internationale d’approvisionnement en thon. Lors de la Conférence sur le thon des Seychelles qui s’est tenue en début d’année, les discussions avaient également porté sur l’augmentation de la valeur ajoutée, la participation locale et les investissements dans le secteur.
Les deux pays pourraient à terme formaliser cette coopération.
Lors des discussions à New Delhi, les Seychelles ont exprimé leur intérêt pour accélérer les travaux en vue d’un protocole d’accord bilatéral sur la pêche et l’aquaculture, accompagné d’un plan de travail et de mécanismes permettant une coopération continue entre les autorités, les chercheurs et les experts techniques.
Cette mission fait suite à un accord de coopération agricole signé entre les Seychelles et l’Indian Council of Agricultural Research lors de la visite d’État du Premier ministre indien Narendra Modi aux Seychelles en juin.
Un plan de travail quinquennal couvrant la période 2026-2031 a depuis été établi. Il prévoit notamment une coopération dans les domaines de l’agriculture intelligente face au climat, de l’horticulture, de l’élevage et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Économie bleue a indiqué qu’il poursuivra les discussions avec ses homologues indiens sur la collaboration en matière de recherche, les échanges techniques, le renforcement des capacités et l’innovation à la suite de cette mission.

