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Les Seychelles approuvent un accord de sept ans pour sécuriser leurs approvisionnements en carburant

Les Seychelles approuvent un accord de sept ans pour sécuriser leurs approvisionnements en carburantGazeti africa 55
15 août 2026
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Agence Seychelloise de Presse, Samedi 15 Août 2026

Les Seychelles ont approuvé un accord de fourniture de carburant d’une durée de sept ans entre la compagnie pétrolière publique Seychelles Petroleum Company (SEYPEC) et TotalEnergies Trading SA (TOTSA). L’objectif est de renforcer la sécurité énergétique du pays tout en offrant à SEYPEC davantage de flexibilité financière pour régler ses importations de carburant.

L’accord prévoit la mise en place d’un Contrat d’approvisionnement en carburant, accompagné d’un mécanisme permettant d’étendre les délais de paiement.

Selon la décision du Conseil des ministres, cette entente doit garantir un approvisionnement continu et fiable en produits pétroliers, tout en améliorant la liquidité et la trésorerie de SEYPEC et, plus largement, la résilience financière du pays.

Lors d’un point de presse vendredi à State House, le vice-président Sebastien Pillay a expliqué que cet accord devait être considéré dans un contexte plus large de la sécurité énergétique nationale et du rôle stratégique joué par SEYPEC dans l’économie.

En tant que petit État insulaire fortement dépendant des importations de pétrole, les Seychelles restent particulièrement exposées aux fluctuations internationales des prix du carburant et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

SEYPEC, entièrement détenue par l’État seychellois, a été créée en 1985 avec pour mission de répondre aux besoins énergétiques du pays. Elle est l’unique importateur de carburant aux Seychelles, avec la responsabilité de maintenir des réserves suffisantes et d’investir dans les infrastructures nécessaires à un approvisionnement fiable.

Sebastien Pillay a indiqué que les modalités de paiement prévues dans le nouvel accord donneraient à SEYPEC davantage de marge de manœuvre pour couvrir le coût de ses approvisionnements, plutôt que de devoir supporter ces dépenses sur une période plus courte.

Le gouvernement souhaite notamment éviter que les pressions financières liées aux achats de carburant de SEYPEC ne se traduisent automatiquement par une hausse des prix pour les consommateurs.

Le vice-président a assuré que le gouvernement continuait d’étudier les moyens de maintenir les prix des carburants à des niveaux permettant à l’économie de fonctionner sans alourdir inutilement le coût de la vie.

Le carburant joue en effet un rôle central dans l’économie seychelloise. Outre l’essence destinée au transport routier, le diesel est utilisé dans diverses activités commerciales et maritimes, tandis que le fioul sert à la production d’électricité.

SEYPEC approvisionne notamment les centrales électriques, les hôtels, les entreprises industrielles et les stations-service des différentes îles. La compagnie fournit également du carburant pour les avions, du GPL et du carburant destiné aux navires opérant au Port Victoria.

Pour Sebastien Pillay, SEYPEC ne doit donc pas être considérée uniquement comme une entreprise commerciale classique, compte tenu de sa responsabilité stratégique dans la sécurité énergétique du pays.

Il a également établi un lien entre la situation financière de SEYPEC et celle de la Public Utilities Corporation (PUC), notamment en raison de l’importance des produits pétroliers dans la production d’électricité.

Les décisions concernant SEYPEC peuvent ainsi avoir des répercussions au-delà de la compagnie, notamment sur les coûts de l’électricité et d’autres dépenses supportées par les ménages et les entreprises.

SEYPEC a déjà souligné la vulnérabilité des Seychelles face aux tensions géopolitiques, à la volatilité des marchés et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. En 2025, son ancienne directrice générale, Sarah Romain, avait indiqué que les guerres, les restrictions commerciales et l’augmentation des coûts liés aux exigences du transport maritime pouvaient exercer une pression financière sur les activités de la compagnie.

La société a également expliqué que le maintien de la sécurité énergétique nécessite d’importants investissements dans les réserves, les installations de stockage, les pipelines, les réseaux de distribution et d’autres infrastructures.

La capacité de stockage de produits pétroliers de SEYPEC est passée de 21 600 mètres cubes en 1985 à 188 000 mètres cubes en 2024, renforçant ainsi la capacité du pays à maintenir son approvisionnement en carburant.

Un accord de sept ans

La durée de sept ans du nouvel accord avec TotalEnergies a également été questionnée lors du point de presse.

Sebastien Pillay a expliqué que la sécurité énergétique nécessite une planification à long terme. Il a précisé qu’il s’agit d’un accord commercial et que les évolutions des prix du carburant continueront d’être prises en compte.

Selon lui, la sécurisation des besoins énergétiques du pays ne peut pas reposer uniquement sur des accords à court terme.

SEYPEC entretient déjà une relation commerciale avec TotalEnergies. Le site de la compagnie seychelloise indique que ses différents produits pétroliers importés sont approvisionnés par l’intermédiaire du groupe énergétique international.

Le précédent concernant TotalEnergies aux États-Unis

Des questions ont également porté sur une mesure prise en 2024 contre TOTSA aux États-Unis.

En août 2024, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine avait ordonné à TOTSA de payer une amende civile de 48 millions de dollars pour régler des accusations selon lesquelles la société aurait tenté de manipuler un indice de référence européen des prix de l’essence en 2018.

Sebastien Pillay a déclaré que cette affaire n’avait aucun lien avec l’accord conclu avec SEYPEC. Il a ajouté que la compagnie seychelloise avait effectué les vérifications nécessaires avant de conclure l’entente.

Il a expliqué que le gouvernement avait surtout évalué si l’accord permettrait à SEYPEC de continuer à assurer ses services tout en protégeant la sécurité énergétique nationale et la résilience financière de la compagnie.

Au final, le gouvernement estime que la combinaison d’un accord d’approvisionnement à long terme et d’une facilité de paiement prolongée donnera à SEYPEC davantage de marge financière pour sécuriser les produits pétroliers dont dépend une grande partie de l’économie seychelloise.

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