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Chemin de fer Tchad-Cameroun : Zara Mahamat Hissene annonce un choix imminent du tracé et un lancement envisagé en 2027

Chemin de fer Tchad-Cameroun : Zara Mahamat Hissene annonce un choix imminent du tracé et un lancement envisagé en 2027Gazeti africa 55
16 juin 2026
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Tchad Infos

Le projet de chemin de fer reliant le Tchad au Cameroun franchit progressivement des étapes décisives. Les études de faisabilité sont achevées, les discussions se poursuivent avec les autorités camerounaises et plusieurs partenaires ont déjà manifesté leur intérêt pour accompagner sa réalisation. Dans un entretien accordé à Tchadinfos, la Directrice générale de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF), Zara Mahamat Hissene, fait le point sur l’état d’avancement du dossier et les retombées attendues pour le pays.

Selon la responsable de l’ONCF, le projet de chemin de fer Tchad-Cameroun est né de la volonté commune de feu le Maréchal Idriss Déby Itno et du président camerounais Paul Biya de renforcer les échanges entre les deux pays.

« Le Tchad utilise principalement le corridor camerounais pour son commerce extérieur. Nos marchandises transitent en grande partie par les ports de Douala et de Kribi. Le chemin de fer permettra de faciliter ce transport, de réduire les coûts logistiques et de diversifier les moyens de transport », explique-t-elle.

Trois tracés à l’étude

Les études de faisabilité, validées en juin 2024 grâce à un financement de la Banque africaine de développement (BAD), ont permis d’identifier trois itinéraires possibles.

Le premier, appelé tracé Est, relierait N’Djamena à Ngaoundéré en passant par Bongor, Kélo et Koutéré. Le second, le tracé Ouest, partirait de N’Djamena vers Kousseri, Maroua et Garoua avant de rejoindre Ngaoundéré. Enfin, le tracé Central passerait par Kélo, Pala, Léré et Figuil avant d’atteindre Garoua puis Ngaoundéré.

« Ces trois options sont actuellement sur la table. Les discussions se poursuivent avec la partie camerounaise afin de retenir le tracé le plus avantageux pour les deux pays », précise Zara Mahamat Hissene.

Un choix définitif attendu après les concertations bilatérales

La Directrice générale de l’ONCF indique que plusieurs rencontres techniques et politiques sont en cours entre les autorités tchadiennes et camerounaises.

Une nouvelle session des experts des deux pays devrait prochainement se tenir afin d’examiner les différents aspects du projet.

« Les études sont disponibles et les échanges continuent. Il y a eu plusieurs séances de travail entre les administrations concernées. La question du chemin de fer reste une priorité pour les deux États », assure-t-elle.

Un levier pour l’industrialisation du Tchad

Au-delà du désenclavement, le projet est présenté comme un véritable moteur de développement économique. Pour Zara Mahamat Hissene, le chemin de fer permettra de valoriser les ressources naturelles du pays et d’accompagner l’industrialisation progressive du Tchad.

« Nous disposons d’importantes ressources minières et de nombreuses matières premières qui restent insuffisamment exploitées. Le développement du secteur ferroviaire facilitera leur mise en valeur et favorisera l’émergence d’activités industrielles dans les zones traversées », souligne-t-elle.

Elle rappelle également que l’industrie ferroviaire constitue un important pourvoyeur d’emplois, tant pendant la phase de construction que durant l’exploitation des infrastructures.

Un démarrage envisagé à partir de 2027

Le gouvernement ambitionne de lancer les travaux à partir de 2027, dans le cadre des objectifs du Plan national de développement. Pour atteindre cet objectif, les autorités doivent encore finaliser le choix du tracé et mobiliser les financements nécessaires. La Directrice générale de l’ONCF révèle que plusieurs partenaires se sont déjà positionnés pour accompagner le projet.

« Nous avons reçu de nombreuses manifestations d’intérêt. Des discussions sont notamment en cours avec le groupe Ittihad et un accord préliminaire a déjà été signé. Toutefois, nous privilégions avant tout les intérêts du Tchad et des populations concernées », affirme-t-elle.

D’autres projets ferroviaires en préparation

L’ONCF travaille également sur d’autres projets stratégiques destinés à connecter le Tchad à ses voisins.

Parmi eux figure le projet de chemin de fer Tchad-Soudan, dont les études de faisabilité ont déjà été réalisées par China Railway. Toutefois, sa mise en œuvre reste suspendue en raison du conflit qui secoue actuellement le Soudan.

L’Office poursuit également les réflexions autour du projet Tchad-Niger, qui pourrait à terme offrir au pays de nouveaux débouchés vers les ports du Bénin et de l’Afrique du Nord.

« Ce n’est pas une illusion, c’est une réalité »

S’adressant aux Tchadiens, Zara Mahamat Hissene appelle à la patience tout en se montrant optimiste sur l’avenir du projet. « Chaque grand projet commence par un premier pas. Nous avons déjà franchi une étape essentielle avec les études de faisabilité. Aujourd’hui, nous travaillons à mobiliser les financements et à conclure les accords nécessaires », indique-t-elle.

Pour la Directrice générale de l’ONCF, le chemin de fer représente bien plus qu’une simple infrastructure de transport. Il s’agit d’un outil de transformation économique capable de réduire les coûts du transport des marchandises, de soutenir la croissance et de renforcer l’intégration du Tchad dans les échanges régionaux.

« Ce n’est pas une illusion, c’est une réalité. Le travail a été fait. Ce qui reste désormais, ce sont les négociations et la mobilisation des financements pour que ce projet profite pleinement au pays et à sa population », conclut-elle.

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