Si les consignes sanitaires comme le lavage des mains s’installent progressivement dans les lieux de culte
Les restrictions imposées par les autorités sanitaires visent à limiter la propagation du virus, qui s’était déjà diffusé pendant plusieurs semaines sans être détecté avant la confirmation officielle de l’épidémie le 15 mai. Ces mesures incluent notamment l’interdiction des grands rassemblements, des messes et des enterrements. Mais sur place, certains fidèles estiment difficile de se passer de l’église dans ce contexte.
« Nous sommes conscients de la maladie et nous faisons de notre mieux pour nous protéger. Mais nous ne pouvons ignorer la présence de Dieu dans nos vies. C’est pourquoi nous sommes venus prier ici », confie Jacob Ngasha.
D’autres, comme Roland Safari, soutiennent les mesures préventives et adaptent leurs comportements. « Comme vous pouvez le voir, nous portons des masques, il y a des points de lavage ici et là. Nous devons aussi respecter la distanciation sociale », explique-t-il.
Sur le terrain, les autorités sanitaires font face à des résistances. Deux des trois centres de traitement ont été incendiés par des habitants, et les enterrements sécurisés sont désormais organisés sous escorte militaire et policière. Ces funérailles représentent un risque majeur, les corps des victimes d’Ebola étant hautement contagieux.
L’Organisation mondiale de la santé classe désormais le risque pour la RDC comme « très élevé », tout en estimant que le risque de propagation internationale reste faible. Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, 82 cas et sept décès ont été confirmés, mais l’épidémie pourrait être plus importante que les chiffres officiels. Il s’agit d’un variant rare du virus Ebola, contre lequel il n’existe pas encore de vaccin, et qui s’est propagé de manière silencieuse pendant plusieurs semaines dans la province de l’Ituri.

