Reuters, Mardi 12 Mai 2026
Au deuxième jour du sommet « Africa Forward », les dirigeants africains ont plaidé mardi pour faciliter l’accès au crédit des pays du continent. Une mesure soutenue par Emmanuel Macron, qui a promis d’appuyer cette proposition lors du prochain G7, à Évian, en juin.
Les dirigeants africains ont profité de la deuxième journée d’un sommet avec le président français Emmanuel Macron pour militer, mardi 11 mai, en faveur de réformes qui faciliteraient l’accès de leurs pays au crédit et au financement d’investissements majeurs.
Plus de 30 chefs d’État et de gouvernement africains participent au sommet « Africa Forward » à Nairobi, la capitale du Kenya. C’est la première fois que la France organise un tel événement dans un pays anglophone.
Emmanuel Macron a salué ce sommet – qui, selon lui, a mobilisé 23 milliards d’euros d’investissements en Afrique – comme la preuve de l’engagement de la France en faveur d’une relation d’égal à égal avec ses homologues du continent.
À l’invitation d’Emmanuel Macron, le président du Kenya William Ruto assistera au sommet du G7 le mois prochain à Évian-les-Bains, en France. Le chef de l’État kényan a déclaré qu’il espérait créer une dynamique lors du sommet de Nairobi pour les propositions qu’il pourra y présenter.
« Architecture du risque »
Les dirigeants africains affirment que leurs pays souffrent d’une perception excessivement élevée du risque parmi les prêteurs, ce qui peut rendre le crédit d’un coût prohibitif et ralentir la croissance économique.
« Le problème n’est pas la liquidité. C’est l’architecture du risque », a déclaré William Ruto mardi.
Emmanuel Macron a déclaré lundi qu’il soutenait la création d’un mécanisme de garantie de première perte pour les investissements en Afrique, ce qui contribuerait à stimuler les flux de capitaux vers le continent.
« Nous nous rendrons ensemble à Évian à la mi-juin pour convaincre le G7 d’approuver cette mesure », a-t-il déclaré.
D’autres propositions ont été discutées ces dernières années, notamment des modifications des méthodologies utilisées par les agences de notation, que les dirigeants africains accusent de surestimer le risque lié au continent, et la mise en place par les pays riches d’un mécanisme de refinancement de la dette pour les nations fortement endettées.
Nouveaux partenariats
Les principales agences de notation, notamment S&P Global Ratings, Moody’s et Fitch, rejettent les accusations de partialité régionale, affirmant que leurs notations sont fondées sur des critères appliqués à l’échelle mondiale et rendus publics.
Le sommet de deux jours à Nairobi rassemble plus de 30 présidents, vice-présidents et premiers ministres africains, ainsi que les dirigeants d’institutions financières multilatérales et des chefs d’entreprise venus de toute l’Afrique et de France.
La France espère profiter de ce sommet pour développer de nouveaux partenariats en Afrique, après avoir vu son influence s’estomper dans ses anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest, où plusieurs gouvernements ont expulsé les troupes françaises et affaibli les liens économiques.
Avec Reuters

