Libération, Samedi 28 Mars 2026
L’artiste congolais de 39 ans était interrogé depuis mercredi 25 mars par la police dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet anti-criminalité organisée (Pnaco). Il a été remis en liberté avec obligation de verser une caution dont le montant n’a pas été révélé.
Des scènes musicales au terrain judiciaire : Gims, roi de la chanson francophone, a été mis en examen vendredi pour blanchiment aggravé, a indiqué dans un communiqué le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco). Le roi de la chanson francophone est aussi poursuivi pour «concours en bande organisée à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit d’un délit». Il lui est également reproché un «blanchiment en bande organisée de biens ou fonds provenant d’un délit de fraude fiscale aggravée». La mégastar a été remise en liberté à l’issue de sa mise en examen et placée sous contrôle judiciaire, avec «l’obligation de verser un cautionnement» dont le montant n’a pas été précisé.
Il avait été précédemment présenté à un juge d’instruction, dans le cadre d’une affaire de blanchiment présumé, après avoir été interpellé mercredi à sa descente d’avion à Paris ainsi que deux de ses «collaborateurs professionnels», également mis en examen. L’artiste congolais de 39 ans avait été transféré au tribunal en début d’après-midi à l’issue de sa garde à vue, qui avait débuté mercredi, pour être présenté à un magistrat.
Peu après 18 h 30, les conseils du plus gros vendeur de disques de l’année 2025 en France, emmenés par Me David-Olivier Kaminski, étaient sortis du bureau du juge, passant dans le hall du tribunal devant les journalistes en lâchant juste «pas de déclaration», avait constaté l’AFP. Gims n’avait pas été vu.
Précédemment, Gims, Gandhi Djuna de son vrai nom, avait été entendu en garde à vue dans le cadre d’une commission rogatoire de juges d’instruction qui enquêtent sur un réseau présumé de blanchiment en bande organisée. Le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), qui suit l’enquête, a été créé en début d’année pour regrouper à Paris les dossiers de criminalité organisée les plus complexes.
Cette enquête fait suite à un signalement de la cellule de renseignement financier «relatif à un réseau de blanchiment international», permettant notamment à «plus de 2000 entreprises d’échapper à leurs obligations fiscales et sociales». L’existence «de liens potentiels entre ce réseau international et plusieurs mis en cause», dont Gims, est apparue au cours de l’enquête, développe le Pnaco. Ces liens portent notamment «sur des soupçons d’utilisation de fonds d’origine illicite aux fins d’investissements immobiliers importants à l’étranger».
Selon le média spécialisé Africa Intelligence, qui a révélé la garde à vue mercredi, ce réseau de blanchiment international pourrait impliquer «une myriade de sociétés spécialement constituées dans différents pays pour se jouer de la TVA et autres taxes françaises, faciliter l’émission de fausses factures, blanchir des fonds provenant d’activités illégales et en dissimuler l’origine».
118 villas de grand luxe autour d’un lagon de 3 000m2
«Cinq ex-trafiquants de drogue franciliens reconvertis dans la criminalité financière» auraient déjà été «mis en cause» dans ce dossier, ajoute le site. Ce média affirme que les enquêteurs s’intéressent notamment à un vaste projet immobilier de luxe promu par Gims à Marrakech (Maroc), l’une des villes où il réside.
Baptisé Sunset Village Private Residences, ce projet en cours de 118 villas de grand luxe, avec terrains de sport, spa, sauna et hammam, autour d’un lagon de 3 000 m², avait été lancé en grande pompe en 2025 en présence du roi de la chanson francophone. L’avocat du plus gros vendeur de disques de l’année 2025 en France, Me David-Olivier Kaminski, ne s’est pas exprimé jusqu’ici.

