Ahraminfo , Mardi, 03 mars 2026
La guerre menée par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran plonge le ciel du Moyen-Orient dans le chaos. Fermetures d’espaces aériens, milliers de vols annulés, hubs paralysés et flambée des prix: des capitales du Golfe à l’Europe et l’Asie, de nombreux pays se voient obliger d’adapter l’activité des compagnies aériennes.
L’offensive américano-israélienne contre l’Iran et les importantes ripostes iraniennes dans plusieurs pays de la région ont gravement perturbé le trafic aérien au Moyen-Orient depuis samedi 28 février, provoquant de nombreuses annulations ou modifications de vols qui continuent d’affecter les itinéraires internationaux.
L’Egypte
EgyptAir a suspendu ses liaisons depuis le Caire vers 13 destinations régionales à savoir Koweït, Dubaï, Doha, Bahreïn, Abou Dhabi, Charjah, Al-Qassim, Dammam, Erbil, Bagdad, Amman, Beyrouth et Mascate, jusqu’à nouvel ordre. Pour compenser, la compagnie a autorisé la modification gratuite des billets jusqu’au 15 mars 2026.
Le ministre de l’Aviation civile, Sameh El-Hefny, a dressé un bilan alarmant : l’escalade militaire a provoqué l’annulation de 5 000 vols en une seule journée au Moyen-Orient, impactant environ 80 vols égyptiens.
Malgré les turbulences, l’Egypte s’impose comme « le passage stratégique garantissant la continuité du trafic mondial », selon le ministre. Il a affirmé qu’une coordination permanente est en cours avec les autorités internationales pour surveiller les zones de survol à risque et que l’espace aérien égyptien reste ouvert et sécurisé, absorbant un flux massif de vols déroutés entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
Les Emirats arabes unis
L’autorité Dubai Airports a annoncé une reprise « limitée » des vols au départ des aéroports internationaux de Dubaï (DXB) et d’Al Maktoum (DWC), à compter du lundi soir 2 mars 2026.
Cette mesure intervient après trois jours d’interruption totale consécutive au déclenchement de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran et à la riposte de Téhéran ayant visé plusieurs pays du Golfe et l’Irak.
Dans ce contexte, les compagnies Emirates et flydubai ont confirmé le redémarrage partiel de leurs opérations dès lundi soir. A l’inverse, Etihad Airways, qui opère depuis Abou Dhabi, a choisi de maintenir la suspension de ses vols jusqu’à mardi inclus, prolongeant ainsi l’attente pour de nombreux voyageurs dans la capitale émiratie.
Les autorités aéroportuaires ont exhorté les passagers à ne pas se rendre aux terminaux sans avoir été préalablement contactés par leur compagnie aérienne pour confirmer l’horaire de leur vol.
Une priorité absolue sera accordée aux clients disposant de réservations antérieures. La compagnie contactera directement les passagers réenregistrés sur les quelques vols disponibles, tout en rappelant que l’ensemble de ses autres liaisons restent suspendues jusqu’à nouvel ordre.
L’Arabie saoudite
Saudia Airlines a confirmé le maintien de la suspension de ses vols en provenance et à destination d’Amman, Koweït, Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Bahreïn, Moscou et Peshawar, en raison des récents développements régionaux. Dans un communiqué officiel publié hier, la compagnie a précisé que cette interruption est prolongée jusqu’au 4 mars à 11h.
La compagnie nationale saoudienne a indiqué qu’elle informerait directement les passagers concernés par ces annulations. Elle a également vivement conseillé aux voyageurs de vérifier systématiquement le statut de leur vol sur ses plateformes officielles avant de se rendre à l’aéroport.
Qatar
L’aéroport international Hamad a annoncé le maintien de la suspension du trafic aérien. Les opérations ne reprendront qu’après l’annonce officielle par l’Autorité générale de l’aviation civile de la réouverture de l’espace aérien du pays. L’aéroport a conseillé aux passagers de ne pas s’y rendre afin de garantir la sécurité publique.
Le Qatar a fermé son espace aérien depuis samedi, après que son territoire a été la cible d’une attaque aérienne iranienne visant la base d’Al-Udeid, la plus grande base américaine de la région.
Koweït
La compagnie Kuwait Airways a annoncé le report de tous les vols à l’arrivée et au départ de l’aéroport international de Koweït en raison de la situation actuelle dans la région, selon l’agence de presse koweïtienne (KUNA).
La compagnie a affirmé sa disposition à rapatrier les citoyens koweïtiens souhaitant rentrer au pays via la ville de Djeddah en Arabie saoudite, le reste du trajet vers le Koweït s’effectuant par voie terrestre.
Cette décision fait suite à l’annonce par l’Autorité générale de l’aviation civile samedi, de la fermeture temporaire de l’espace aérien koweïtien pour des raisons politiques et sécuritaires liées au contexte régional.
Selon l’agence Reuters, le Koweït a intercepté des drones d’attaque pour le troisième jour consécutif de raids menés par l’Iran contre les pays voisins du Golfe, en représailles aux frappes américano-israéliennes contre la République islamique.
L’aéroport international de Koweït a également été la cible samedi d’une attaque de drone iranien, causant des blessures légères à plusieurs employés ainsi que des dégâts matériels dans l’un des terminaux passagers, selon l’Autorité générale de l’aviation civile koweïtienne.
La Jordanie
Les autorités jordaniennes ont pris la décision d’instaurer une fermeture partielle et temporaire de l’espace aérien du Royaume pour tous les avions à l’arrivée, au départ ou en transit. Cette mesure a été adoptée à la lumière des développements régionaux actuels et après une évaluation des risques conforme aux normes internationales de sécurité.
Le capitaine Al-Farajat a précisé que cette procédure sera appliquée de manière quotidienne : l’espace aérien sera fermé chaque soir de 18h jusqu’à 9h le lendemain matin. Cette restriction entre en vigueur dès ce soir et restera d’actualité jusqu’à nouvel ordre, afin de garantir la sûreté et la sécurité de l’aviation civile dans le ciel jordanien.
L’Autorité de l’aviation civile invite instamment tous les voyageurs à contacter directement leurs compagnies aériennes respectives pour confirmer les horaires de leurs vols et se tenir informés de toute modification de dernière minute.
La Turquie
La Turquie a annulé l’ensemble de ses vols vers l’Iran, l’Irak, la Jordanie, la Syrie et le Liban jusqu’à vendredi prochain, en raison des hostilités dans la région. Par ailleurs, toutes les liaisons prévues vers le Qatar, le Koweït, Bahreïn et les Emirats arabes unis ont été suspendues jusqu’à ce mardi.
En parallèle, le ministre turc des Transports et des Infrastructures a annoncé la reprise lundi des vols vers les aéroports de Riyad, Djeddah et Médine en Arabie saoudite, ainsi que vers le Sultanat d’Oman.
L’Asie et l’Europe
Les tarifs des billets d’avion entre l’Asie et l’Europe ont grimpé en flèche suite à la fermeture des principaux hubs aéroportuaires du Moyen-Orient, conséquence de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Les sites de réservation des compagnies aériennes indiquent que de nombreuses lignes affichent complet pour plusieurs jours ».
Les grands aéroports du Golfe, y compris l’aéroport international de Dubaï (le plus fréquenté au monde avec plus de mille vols quotidiens en temps normal) sont restés fermés pour le quatrième jour consécutif ce mardi. Cette paralysie réduit drastiquement la capacité de transport sur les routes les plus prisées, telles que l’axe Australie-Europe, où Emirates et Qatar Airways détiennent habituellement une part de marché prépondérante.
Les répercussions des perturbations se sont étendues à l’Asie, où Cathay Pacific Airways Ltd a annulé certains de ses vols vers le Moyen-Orient jusqu’au 5 mars.
La France
La compagnie aérienne Air France a annoncé ce mardi poursuivre la suspension de ses vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad jusqu’au jeudi 5 mars inclusivement. Cette décision a été prise en raison des risques sécuritaires croissants découlant du conflit avec l’Iran, précise un communiqué.
Les Pays-Bas
La compagnie aérienne KLM a annoncé poursuivre la suspension des vols dans l’espace aérien de l’Iran, de l’Irak et d’Israël, ainsi que celui de plusieurs pays de la région du Golfe. En conséquence, les vols à destination, en provenance ou transitant par ces zones sont annulés ou modifiés.
Concernant Tel-Aviv, la compagnie a suspendu le reste de ses opérations pour la saison hivernale depuis le dimanche 1er mars 2026. Pour Dammam, Dubaï et Riyad, tous les vols sont suspendus jusqu’au lundi 9 mars 2026.
Options de réorganisation et de remboursement : Toutes réservations de vols vers ou depuis Dubaï (DXB), Riyad (RUH) ou Dammam (DMM) entre le samedi 28 février et le lundi 9 mars 2026, des options de modification et de remboursement sont disponibles. Ces conditions s’appliquent uniquement aux billets émis au plus tard le lundi 2 mars 2026.
La Norvège
La compagnie aérienne Norwegian a annoncé mardi prolonger la suspension de ses vols avec Dubaï jusqu’au 10 mars en raison de la guerre au Moyen-Orient.
« En raison de la situation en cours au Moyen-Orient, nous avons temporairement annulé tous les vols à destination et en provenance de Dubaï jusqu’au 10 mars 2026 inclus », a-t-elle indiqué sur son site. « Il s’agit d’une décision provisoire, et d’autres modifications pourraient être apportées », a-t-elle précisé.
Samedi, au premier jour des frappes des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran, Norwegian avait annoncé suspendre ses vols avec Dubaï jusqu’au 4 mars inclus.
L’Inde
Trois compagnies aériennes indiennes ont annoncé la reprise mardi d’un nombre limité de vols à destination et en provenance du Moyen-Orient, afin de rapatrier des milliers de passagers bloqués depuis le début de l’opération israélo-américaine en Iran.
Des millions de ressortissants d’Asie du Sud vivent et travaillent au Moyen-Orient.
La plus grande compagnie aérienne du pays, IndiGo, a indiqué qu’elle opérerait dès mardi quatre vols aller-retour entre différentes villes indiennes et Djeddah, en Arabie saoudite. L’entreprise souhaite « normaliser progressivement » les liaisons aériennes entre les deux pays.
Air India Express, filiale low-cost d’Air India, a fait état de la reprise mardi de ses vols à destination et en provenance de Mascate, la capitale d’Oman.
La compagnie à bas coûts Akasa Air a déclaré qu’elle assurerait certains vols vers Djeddah.
Les liaisons avec Bahreïn, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis demeurent suspendues, ont précisé les compagnies dans plusieurs communiqués.
L’Irak
La compagnie Iraqi Airways a annoncé ce dimanche la suspension temporaire de l’ensemble de ses vols, en raison de l’instabilité sécuritaire actuelle et des tensions croissantes dans la région.
Selon un communiqué relayé par l’Agence de presse irakienne, cette décision est directement liée à la fermeture immédiate de l’espace aérien national pour garantir la sécurité des passagers.
La direction de la compagnie a précisé suivre de près l’évolution de la situation, en coordination étroite avec l’Autorité de l’aviation civile et les instances concernées. La reprise des vols ne pourra être envisagée qu’après la réouverture du ciel irakien et le retour à une situation normale.
Aucune durée précise n’a été fixée pour cette suspension, qui reste conditionnée par l’évolution des risques. Iraqi Airways appelle donc les voyageurs à consulter régulièrement ses plateformes officielles pour se tenir informés des dernières mises à jour concernant le trafic aérien.

