HuffPost, Mardi 03 Novembre 2026
Qui pour succéder à La Maison vide, et ses quelque 640 000 exemplaires vendus ? Un an après le phénomène provoqué par Laurent Mauvignier en librairie, les jurés du Goncourt ont tranché. Ce mardi 3 novembre, c’est à Philippe Jaenada qu’ils ont attribué la plus convoitée des récompenses littéraires françaises, pour son roman L’Inconnue du quai de Javel aux éditions Flammarion.
Comme le veut la tradition, le nom du vainqueur a été annoncé à la fenêtre du restaurant Drouant à Paris, à l’issue du premier tour du scrutin face à ses trois concurrents : Yannick Haenel (La solitude des professeurs est infinie, Gallimard), Clémentine Mélois (Choses que je croyais perdues, Gallimard) et Sylvain Prudhomme (De l’autre côté du lac, Minuit).
L’histoire de L’Inconnue du quai de Javel s’inspire d’un « cold case », celui de la disparition de Louise Cansot. La jeune femme – l’un des modèles les plus courus des peintres de l’époque – a été retrouvée morte le 6 septembre 1949, sans chaussures, rhabillée à la va-vite. Plus de 75 ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l’enquête.
Une course mouvementée
Cette annonce marque la fin d’une édition mouvementée, en raison de la polémique ayant entouré l’un des précédents favoris, Thélyson Orélien. Phénomène de la rentrée littéraire pour son roman C’était ça ou mourir, l’écrivain canado-haïtien a vu son nom être retiré en raison d’accusations de plagiat, sur fond de soupçons d’usage d’IA.
Lâché par son éditeur à Montréal, l’auteur de 38 ans a reconnu avoir copié le travail de certains de ses pairs dans plusieurs de ses écrits du passé, et s’être servi d’outils d’intelligence artificielle dans le cadre de traductions ou de recherches pour son dernier roman. Il assure toutefois avoir entièrement écrit son livre de ses mains.
Si ce dernier dit aujourd’hui être traîné dans la boue plus que n’importe quel homme politique, son livre, qui raconte l’odyssée d’un migrant entre Haïti et le Québec, caracole toujours dans les meilleures ventes de la saison.
Qu’en sera-t-il de Philippe Jaenada ? Chaque année, les ventes de celui sur lequel est apposé le bandeau rouge du Goncourt se voient démultipliées, comme en ont bénéficié plusieurs des récents lauréats, dont Laurent Mauvignier en 2025. Une aubaine dans un climat morose pour l’édition, qui accuse un recul de 6,2 % en volume par rapport à la même période l’an passé.

