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Kenya : la Banque mondiale alerte sur le coût de la corruption

Kenya : la Banque mondiale alerte sur le coût de la corruptionGazeti africa 55
4 novembre 2026
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AFP, Mercredi 04 Novembre 2026

La corruption coûte chaque année au Kenya des milliards de dollars en recettes perdues, surcoûts pour les entreprises et pertes de revenus pour les travailleurs, tout en portant un lourd préjudice à l’investissement et à la croissance, selon un rapport de la Banque mondiale mercredi.

Le Kenya souffre de la corruption à tous les niveaux de la société — des petits pots-de-vin incessants versés aux agents police aux vastes scandales liés aux marchés publics qui remontent jusqu’aux plus hautes sphères du gouvernement —, ce qui a contribué à déclencher des manifestations massives au cours des deux dernières années.

Selon le rapport de la Banque mondiale, le pays figure parmi les plus corrompus de sa catégorie parmi les pays à revenu intermédiaire de tranche inférieure. Les faiblesses en matière de gouvernance alourdiraient chaque année le déficit budgétaire du Kenya d’environ 370 milliards de shillings (2,8 milliards de dollars), soit l’équivalent de 2 % du PIB.

Ce chiffre, que les auteurs du rapport qualifient de « prudent », provient notamment des pertes fiscales, de l’inefficacité des dépenses publiques et de la hausse des coûts d’emprunt.

L’économie kenyane pourrait être 20 fois plus large d’ici 2035 si le pays mettait en place des réformes anticorruption similaires à celles observées au Ghana ou au Sénégal, selon le rapport.

« Le Kenya dispose de nombreux atouts pour devenir un véritable leader dans la région. Il devrait tenir cette promesse, tant pour ses propres citoyens que pour la région voisine. Et c’est tout à fait réalisable », a déclaré à la presse Verena Fritz, experte principale en matière de gouvernance pour la Banque mondiale au Kenya.

La colère populaire contre la corruption a été un enjeu majeur lors des manifestations qui ont secoué le pays en 2024, à l’occasion d’une tentative du gouvernement d’augmenter les impôts.

La Banque mondiale a finalement approuvé en juin son dernier programme de prêts en faveur du Kenya, après des mois de blocage en raison de la lenteur du gouvernement à mettre en œuvre des mesures de lutte contre la corruption.

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