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L’Egypte découvre un nouveau genre de crocodile vieux de 45 millions d’années, baptisé « le crocodile du Sphinx »

L’Egypte découvre un nouveau genre de crocodile vieux de 45 millions d’années, baptisé « le crocodile du Sphinx »Gazeti africa 55
7 octobre 2026
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Ahram Info, Mercredi 07 octobre 2026

Le crâne du crocodile présente une particularité qui a retenu l’attention des chercheurs de l’université de Mansoura : sa partie antérieure, correspondant à l’extrémité du museau, est absente, à l’image du nez manquant du Sphinx. Cette recherche s’inscrit dans le cadre de l’initiative de l’université visant à étudier les fossiles égyptiens conservés dans les musées étrangers.

L’université de Mansoura a annoncé, mercredi 7 octobre dans un communiqué officiel, sa participation à une étude internationale ayant permis d’identifier un nouveau genre de crocodile de la famille des gavialidés, baptisé « Herogavialis » ou « crocodile du Sphinx », grâce à la nouvelle analyse d’un fossile découvert en 1927 à Mokattam, dans le sud-est du Caire.

« Après avoir été soumis à des examens anatomiques et évolutifs approfondis à l’aide d’outils scientifiques modernes, ce fossile – conservé au Musée d’histoire naturelle de Stuttgart en Allemagne – a révélé qu’il constituait un genre inédit », selon le communiqué. 

Connu depuis 1927 sous le nom de « Tomistoma cairgensis » en raison de sa longue mâchoire, il a été réattribué à ce nouveau genre pour devenir « Herogavialis cairensis ».

Une découverte ancrée dans l’Egypte ancienne

L’équipe internationale, comprenant des chercheurs du Centre de paléontologie des vertébrés de l’université de Mansoura, a numérisé et reconstruit la structure interne du crâne du spécimen. 

Datant de l’Eocène moyen, il y a environ 45 millions d’années, l’animal a vécu à une époque où l’Egypte présentait des environnements marins peu profonds et chauds, abritant baleines, sireniens (ordre qui comprend notamment les lamantins) et crocodiliens à long museau. L’Éocène moyen est une époque géologique qui a duré d’environ 48 à 37 millions d’années avant notre ère.

L’analyse a montré que le museau représentait environ 64 % de la longueur totale du crâne, affichant des traits uniques autour des orbites oculaires. 

L’arbre phylogénétique indique que « Herogavialis » représente une branche précoce des gavialidés, distincte des formes africaines ou méditerranéennes étudiées.

Les Gavialidés représentent l’une des trois super-familles majeures de l’ordre des crocodiliens, aux côtés des vrais crocodiles et des alligators et caïmans.

Pourquoi est-il surnommé le crocodile du Sphinx  ?

Le fossile a été découvert dans la formation géologique de Mokattam, associée aux roches dont est constitué le Grand Sphinx de Gizeh. 

Le crâne du crocodile présente également une particularité qui a retenu l’attention des chercheurs : sa partie antérieure, correspondant à l’extrémité du museau, est absente, à l’image du nez manquant du Sphinx. 

Le nom scientifique du nouveau genre fait aussi référence à ce monument car le terme « Heru » renvoie à Horus, divinité de l’Egypte ancienne associée au Sphinx, connu durant le Nouvel Empire sous le nom de « Hor-em-Akhet », ou « Horus dans l’horizon ». 

Enfin, « Gavialis » fait référence au genre – une seule autre espèce encore vivante en fait partie : le gavial du Gange (Gavialis gangeticus) présent en Inde, tandis que « cairensis » renvoie au Caire. Le fossile est ainsi nommé scientifiquement « Herogavialis cairensis ».

Les fossiles égyptiens conservés à l’étranger

Hesham Sallam, fondateur du Centre de paléontologie des vertébrés de l’Université de Mansoura, a souligné que « cette recherche s’inscrit dans le cadre de l’initiative du centre visant à étudier les fossiles égyptiens conservés dans les musées étrangers, afin d’enrichir les connaissances sur l’histoire naturelle du pays ».

De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdel-Aziz Konsowa, a salué cette réalisation, affirmant qu’elle témoigne de l’excellence des chercheurs égyptiens et de leur capacité à utiliser les technologies de pointe pour valoriser le patrimoine historique national.

L’étude, consacrée à l’anatomie du crâne de « Herugavialis cairensis » et à la diversité des gavialidés dans la région méditerranéenne, a été publiée en 2026 dans la revue Royal Society Open Science.

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