Synthèse réalisée par Gazeti Africa55, Dimanche 04 octobre 2026
Né le 2 avril 1928 à Matam, le défunt avait construit un parcours à la croisée de la littérature, de la haute administration et de l’action publique. Après une première formation au Sénégal, il poursuit ses études à Paris, notamment au lycée Louis-le-Grand et à la Sorbonne, où il obtient deux licences, en droit et en philosophie. Il est également diplômé de l’École nationale de la France d’Outre-Mer en 1959.
Cette double formation va profondément marquer son parcours. De retour au Sénégal, il exerce plusieurs responsabilités dans l’administration avant d’occuper des fonctions importantes au sommet de l’État. Il est notamment gouverneur de la région de Thiès en 1961, puis Haut-Commissaire général au Plan. Sa carrière le conduit également à l’international. Il rejoint l’UNICEF et dirige, à partir de 1967, le bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, depuis Abidjan, après avoir notamment travaillé à Lagos. Il exercera ensuite les fonctions de vice-président du Centre de recherches pour le développement international à Ottawa.
Au Sénégal, Cheikh Hamidou Kane revient ensuite aux responsabilités gouvernementales. En 1978, sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, il devient ministre du Développement industriel et de l’Artisanat. Il sera ensuite ministre du Plan et de la Coopération sous Abdou Diouf, de 1981 à 1988. Les archives du Journal officiel du Sénégal attestent notamment de son exercice comme ministre du Développement industriel et de l’Artisanat à la fin des années 1970.
Mais c’est surtout par la littérature que son nom s’est durablement inscrit dans la mémoire africaine. Publié en 1961, L’Aventure ambiguë raconte le parcours de Samba Diallo, un jeune homme partagé entre l’éducation traditionnelle et religieuse reçue dans son pays et l’enseignement occidental auquel il est confronté. À travers ce personnage, Cheikh Hamidou Kane interroge les conséquences de la rencontre entre les cultures africaines et occidentales, mais aussi les tensions intérieures produites par la colonisation et la modernité. Le roman, en partie autobiographique, obtient en 1962 le Grand Prix littéraire d’Afrique noire et devient rapidement une œuvre majeure de la littérature africaine.
Son enterrement est prévu ce dimanche 04 Octobre 2026 à 16 heures, au cimetière de Yoff à Dakar.

