Agence Royale de Presse (MAP), Dimanche 20 septembre 2026
Settat – En pleine campagne électorale pour les élections législatives du 23 septembre, les marchés hebdomadaires (souks) deviennent des lieux stratégiques pour les candidats en milieu rural, leur offrant la possibilité d’entrer en contact, directement et dans le même espace, avec des électeurs venus de différents douars et communes.
Ces espaces de commerce, de rencontre et d’échange acquièrent, lors des échéances électorales, une fonction supplémentaire en se transformant en plateformes ouvertes pour les campagnes électorales, où les discours des candidats croisent les interrogations des citoyens et leurs attentes à l’échelle locale.
Le souk « Larbaa Ouled Said » dans la province de Settat illustre parfaitement cette importante présence électorale au sein des marchés hebdomadaires, en accueillant plus de 14 campagnes de proximité, aux couleurs et aux symboles différents, dans une scène où l’activité commerciale habituelle se mêle au contact direct entre les candidats et les électeurs.
« Larbaa Ouled Said »… un souk hebdomadaire au rythme de la campagne électorale
Dès les premières heures de la matinée, le souk « Larbaa Ouled Said » rompt avec son rythme hebdomadaire habituel. Au va-et-vient des agriculteurs, des commerçants et des clients s’ajoutent les cortèges des campagnes électorales en provenance de Settat, venus à la rencontre des électeurs des douars et des tribus environnants.
En cette matinée de mercredi, l’objectif est clair : tirer parti de l’affluence et de la diversité des zones d’où viennent les visiteurs du souk afin de toucher, en une seule tournée, des électeurs dont certains restent difficiles à atteindre dans leurs douars éloignés.
À quelque 21 kilomètres de Settat, en direction d’El Jadida, les cortèges de voitures et de camions arrivent successivement, arborant des couleurs et des symboles électoraux divers, tandis que des jeunes, des hommes et des femmes portent des gilets aux couleurs de leurs partis respectifs. Etablissant d’abord un point de rassemblement aux abords du souk, chaque campagne réorganise ses rangs avant d’investir les allées et d’entrer ensuite en contact avec le plus grand nombre possible de visiteurs.
En parallèle avec l’activité commerciale du souk, les candidats y débarquent en masse afin de décrocher des promesses de vote en leur faveur. Un bain de foule nécessaire pour tenter d’expliquer leurs programmes et prendre connaissance in situ des attentes des populations. Car, outre la distribution des tracts électoraux et le serrage des mains, il s’agit surtout d’engager la conversation et de répondre aux questions des gens qui portent principalement sur des problématiques concernant l’eau, les routes et autres infrastructures et services.
Les candidats sont accompagnés le plus souvent par des personnes résidant dans cette localité et ce, pour communiquer facilement avec les populations locales, mettant à profit leur proximité et parfois même leur appartenance tribale.
L’électeur questionne, le candidat répond
Un peu loin de ce tumulte électoral, certaines personnes parmi les chalands se rassemblent dans des tentes où l’on sert du thé et des beignets (Sfenj). Commence alors une conversation autour des programmes contenus dans les tracts distribués pour connaître le candidat ou la candidate qui connaît le mieux la région et ses problématiques et le mieux à même de répondre aux attentes des populations.
Face aux doutes et réserves de certaines et aux interrogations persistantes des autres, les candidats et leurs supporters cherchent à convaincre en se lançant dans d’interminables et laborieuses discussions.
Dans un autre coin du souk, certains candidats organisent des meetings avec au programme discours et slogans scandés bruyamment par leurs supporters.
Préoccupations locales et attentes plus larges
En cette journée de souk, plus de 14 candidats en campagne ont tenté des heures durant de conquérir les votants ruraux en présentant des solutions aux problèmes posés, souvent relatifs au stress hydrique, l’enclavement, les services dans les centres ruraux ou encore la situation des agriculteurs.
Dans une déclaration à la MAP, Driss Ouzri, acteur associatif local, a indiqué que ce souk hebdomadaire revêt une importance cruciale pour les candidats au vu du grand nombre des personnes qui s’y rassemblent, leur évitant ainsi la corvée de sillonner les douars, avant de noter qu’un seul électeur convaincu peut influencer le vote des membres de sa famille et même au-delà.
Il relève aussi que les attentes des populations rurales sont récurrentes et portent principalement sur le stress hydrique, le soutien des agriculteurs, l’amélioration de la qualité de l’enseignement ou encore l’accès aux soins médicaux, estimant que le candidat se doit de présenter des solutions réalistes et réalisables.
Face à ce flot de promesses électorales, un agriculteur ne désire qu’une chose : l’eau. Un autre espère que le développement du monde rural soit une réalité palpable.
Après des heures en meeting, vers midi, et constatant que le souk commence à se vider, les candidats, chacun de son côté, se sont attablés sous les tentes. Le temps de faire une pause et de dresser le bilan d’une journée de campagne électorale dans un souk rural.
Et en attendant le verdict des urnes, ils reprendront leur campagne dans d’autres lieux ailleurs sans jamais savoir si leurs rencontres du jour se convertiront en voix favorables.

