Agence Gabonaise de Presse (AGP), Samedi 08 Août 2026
LIBREVILLE, le 8 août 2026 (AGP)- La réforme du cadre juridique des partis politiques au Gabon concrétisée par la loi du 27 juin 2025 marque non seulement une étape décisive dans la restructuration du paysage politique, elle pose aussi la question de l’avenir de ces formations politiques dans la Ve République.
Pendant des décennies, le Gabon a vu prospérer plus de cent partis politiques dont une grande majorité n’était en exergue qu’à l’approche des grandes échéances électorales. La réforme en cours met un coup d’arrêt à ce modèle. En effet, au terme du délai de régularisation exigé par le ministère de l’Intérieur en date du 2 juillet dernier, seuls 69 formations ont déposé leurs dossiers sur les 102 légalement reconnus.
Si cette réforme est saluée pour sa volonté d’assainir le paysage politique, certains observateurs relèvent le défi de la mise en œuvre de cette mesure.
«L’application de cette nouvelle loi aura pour effet à court terme, une réduction du nombre des partis mais l’impact réel dépendra de la transparence, l’impartialité au niveau de son application», souligne Cyr Pavlov Moussavou, sociologue politique.
Contrairement à ceux qui soutiennent que la réforme sur les partis politiques est un recul démocratique, le sociologue politique émet des réserves.
« Lorsqu’on interroge le contexte, les motivations et les logiques partisanes qui ont fait en sorte que nous puissions nous retrouver avec un pléthore de partis (102) dans un pays où le collège électoral peine à atteindre la barre d’un million pour les scrutins au suffrage universel direct. En quoi la prolifération des partis sans bases militantes et ceux aux relents familiaux et tribaux constitue t-elle une avancée démocratique ? », s’est-il interrogé.
Quel paysage politique pour la Ve République ?
Désormais pour conserver ou obtenir une existence légale, chaque formation doit prouver une réelle représentativité nationale. L’exigence d’un ancrage territorial vérifiable dans les neuf provinces du pays et conjugée à des seuils d’adhésion renforcés. Au-delà de la représentativité physique, la loi n°016/2025 impose un cadre comptable et institutionnel strict : traçabilité des fonds, tenue régulière des congrès, etc.
Face à ce cahier de charges exigent, on s’entend dans les prochains jours, à une recomposition inévitable, à des fusions et regroupements pour les trente trois partis politiques qui ne se sont pas conformés.
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