Ahram Info , Samedi 1er Août 2026
L’AUSSOM s’est ouvert le 29 juillet à Kampala pour trois jours, avec successivement une réunion des chefs d’état-major, une réunion des ministres de la Défense le 30 juillet, puis un sommet des chefs d’Etat ou leurs réprésentants le 31 juillet.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a appelé à mobiliser un financement suffisant et durable pour la Mission de l’Union africaine de soutien et de stabilisation en Somalie (AUSSOM), lors de sa rencontre avec le président somalien Hassan Sheikh Mohamoud, vendredi 31 juillet à Kampala.
Cette rencontre s’est déroulée en marge du deuxième sommet extraordinaire des pays contributeurs de troupes à la mission.
Le chef de la diplomatie égyptienne a réaffirmé le « soutien total du Caire à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Somalie », rejetant toute mesure ou tout arrangement unilatéral pouvant porter atteinte à l’unité de l’Etat somalien.
Abdelatty a également insisté sur la nécessité de « poursuivre le travail avec les partenaires internationaux afin de mobiliser un financement suffisant et durable pour l’AUSSOM », ainsi qu’au Bureau d’appui des Nations unies en Somalie (UNSOS), qu’il a présenté comme une condition essentielle au maintien de la sécurité et de la stabilité en Somalie et dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique.
Abdelatty a en outre réaffirmé l’engagement de l’Egypte à soutenir les institutions de l’Etat somalien, à renforcer les capacités nationales et à poursuivre la coopération dans la lutte contre le terrorisme.
Le chef de la diplomatie égyptien a par ailleurs condamné l’ouverture d’une représentation diplomatique de l’entité autoproclamée du Somaliland à Jérusalem-Est occupée, qualifiant cette initiative d’illégale et contraire au droit international ainsi qu’aux résolutions de la légalité internationale.
Le Caire a enfin indiqué qu’il continuerait à apporter son soutien à la Somalie, à travers la mission de l’Union africaine mais également dans le cadre de la coopération bilatérale, en mettant à disposition son expérience dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la sécurisation des frontières et du renforcement des capacités institutionnelles.
Quant à l’avenir de l’AUSSOM
Le sommet de Kampala se tient dans un contexte particulièrement délicat pour l’AUSSOM. Les dirigeants des pays contributeurs examinent l’avenir de la mission après l’annonce de Washington de mettre fin, à compter de 2027, à son soutien au Bureau de soutien des Nations unies en Somalie (UNSOS), chargé d’assurer les opérations logistiques indispensables au déploiement de la force africaine.
Face à cette situation, les ministres de la Défense des pays contributeurs ont plaidé pour un retrait progressif, coordonné et ordonné de la mission, tout en demandant au Conseil de sécurité des Nations unies de mettre en place un mécanisme transitoire de soutien logistique pour une période de 18 à 24 mois.
Les Etats-Unis ont toutefois déjà indiqué qu’ils s’opposeraient à une telle option si elle impliquait une prise en charge de cette mission par l’ONU.
Les experts mettent en garde contre les conséquences d’un retrait précipité de l’AUSSOM, selon l’AFP.
Déjà confrontée à un déficit chronique de financement, la mission pourrait difficilement poursuivre ses activités sans un soutien international renouvelé.
Plusieurs analystes estiment qu’un départ brutal des forces africaines risquerait d’affaiblir davantage les institutions somaliennes et de favoriser une progression des insurgés shebab, groupe armé islamiste radical lié à Al-Qaïda, faisant craindre un scénario comparable à celui de l’Afghanistan après le retrait des forces internationales en 2021.
Une intense activité diplomatique en marge du sommet
En marge des travaux, présidés par le chef de l’Etat ougandais Yoweri Museveni, Abdelatty a également rencontré le vice-président du Burundi, Prosper Bazombanza, ainsi que le ministre djiboutien de l’Intérieur et ministre de la Défense par intérim, Omar Abdi Saïd.
Les discussions ont porté sur le renforcement des relations économiques, commerciales et d’investissement entre l’Egypte, le Burundi et Djibouti, ainsi que sur les moyens de préserver la stabilité dans la Corne de l’Afrique.
Le ministre égyptien s’est également entretenu avec le vice-président du Kenya, Kithure Kindiki. Les deux responsables ont salué le développement du partenariat stratégique entre Le Caire et Nairobi, renforcé par la visite du président Abdel Fattah Al-Sissi au Kenya en mai 2026.
Abdelatty et Kindiki ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coordination au sein de l’Union africaine et des organisations régionales et internationales, notamment pour soutenir la stabilité en Somalie, favoriser le développement du continent et mobiliser des financements durables en faveur de l’AUSSOM.

