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Uber Egypte condamné à verser 10 millions de livres après la mort d’une passagère fuyant une tentative d’agression

Uber Egypte condamné à verser 10 millions de livres après la mort d’une passagère fuyant une tentative d’agressionGazeti africa 55
24 juin 2026
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Ahram Info, Mercredi 24 Juin 2026

La justice égyptienne a condamné Uber Egypte à verser 10 millions de livres égyptiennes à la famille de Habiba El-Shamaa, décédée en 2024 après avoir sauté d’un véhicule pour échapper à un conducteur soupçonné d’avoir tenté de l’enlever.

Un tribunal civil du Caire a condamné Uber Egypte à verser une indemnisation de 10 millions de livres égyptiennes à la famille de Habiba El-Shamaa, la jeune femme décédée en 2024 après avoir sauté d’un véhicule Uber en marche pour échapper à une tentative d’agression par le chauffeur, selon un verdict rendu mardi 23 juin.

L’instance judiciaire a retenu la responsabilité civile de la filiale, tout en rejetant la plainte contre la maison-mère américaine Uber Inc. pour des motifs de procédure.

« Nous avions réclamé une indemnisation matérielle et morale de 100 millions de livres égyptiennes dans cette action civile », a déclaré l’avocat de la famille, Mohamed Al-Amin. 

L’avocat a précisé que les démarches légales nécessaires avaient pourtant été entreprises pour notifier simultanément la branche cairote et le siège d’Uber Inc. aux Etats-Unis, estimant que les deux entités partageaient la responsabilité juridique du drame.

Le litige découle d’un incident survenu le 21 février 2024. Habiba El-Shamaa, âgée de 24 ans, avait réservé un trajet via l’application de transport depuis Madinaty vers Tagamoe. 

Prise de panique face au comportement suspect du conducteur, qui venait de verrouiller les portières et d’utiliser un atomiseur de parfum, la jeune femme avait sauté du véhicule en marche sur l’autoroute. Souffrant d’une grave hémorragie cérébrale, elle est décédée à l’hôpital le 14 mars 2024, après 21 jours de coma sous ventilation artificielle.

Les représentants juridiques d’Uber avaient admis en mars 2024 que le compte du chauffeur avait été préalablement bloqué à la suite de plaintes pour harcèlement sexuel. 

Ce dernier avait toutefois réussi à contourner l’exclusion et à reprendre du service en créant un faux profil avec un numéro de carte d’identité national contrefait. De plus, les analyses ont démontré que le conducteur circulait sous l’emprise de stupéfiants au moment des faits.

Sur le volet pénal, le chauffeur avait initialement écopé d’une peine de 15 ans de prison ferme en première instance.

En août 2024, la Cour d’appel du Caire a réduit cette sentence à 5 ans d’emprisonnement et à une amende de 10 000 livres égyptiennes, après l’avoir blanchi de l’accusation de tentative d’enlèvement, tout en maintenant les charges de conduite sous l’effet de drogues et de blessures involontaires ayant entraîné la mort.

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