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France : Décès de l’ancien Premier Ministre Lionel Jospin à l’âge de 88 ans

France : Décès de l’ancien Premier Ministre Lionel Jospin  à l’âge de 88 ansGazeti africa 55
23 mars 2026
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AFP, Lundi 23 Mars 2026

L’ex-Premier ministre, qui a dirigé le gouvernement de 1997 à 2002, et postulé deux fois à la magistrature suprême, est décédé dimanche matin, a fait savoir sa famille ce lundi.

Une silhouette longiligne qui imposait, précédée de sa chevelure blanche et bouclée. Une voix singulière, aussi, ronde et pourtant un peu aiguë. Figure du Parti socialiste (PS) et de la vie politique française, Lionel Jospin est décédé à l’âge de 88 ans, vient d’annoncer sa famille. Il s’est éteint dimanche matin, selon nos informations, et sa famille a préféré attendre 24 heures pour ne pas interférer avec l’actualité électorale. Il indiquait en janvier avoir subi « une opération sérieuse », dont on ignore si les suites lui ont coûté.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, Lionel Jospin a eu une longue vie politique. Diplomate au tout début de sa vie professionnelle, puis professeur d’économie, plusieurs fois député de Haute-Garonne, il acquiert ses galons au sein de la « Bande des Quatre » au milieu des années 1970 quand lui-même, Claude Estier, Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant se lancent à la conquête du XVIIIe arrondissement de Paris.

Il fut ministre de l’Éducation nationale au tournant des années 1980-1990. Premier secrétaire du PS, il perd la présidentielle de 1995 (47,36 % au second tour) mais sort gagnant d’une dissolution de l’Assemblée nationale décidée par le président Jacques Chirac en 1997.

« Un austère qui se marre »

Il dirige alors le gouvernement de cohabitation pendant cinq ans. Il est à la tête de la coalition de la Gauche plurielle, une union inédite entre le Parti socialiste, le Parti communiste, le Parti radical de gauche, Les Verts et le Mouvement des citoyens. Il choisit ainsi comme ministres Martine Aubry (PS) à l’Emploi et Dominique Strauss-Kahn (PS) à l’Économie, Jean-Pierre Chevènement (MRC) à l’Intérieur, Jean-Claude Gayssot (PCF) aux Transports, Dominique Voynet (Les Verts) à l’Environnement.

Comme chef du gouvernement, Lionel Jospin a fait passer des réformes majeures comme le passage aux 35 heures, la Couverture maladie universelle (CMU) ou encore le Pacte civil de solidarité (Pacs) qui permet aux hétérosexuels mais aussi aux homosexuels de s’unir sans passer par la case mariage.

Conscient de son image de raideur, il s’essaie autant qu’il s’y refuse à fendre l’armure. En 1999, il se présente comme « un austère qui se marre, un protestant athée ». La formule a connu son petit succès.

En 2002, Lionel Jospin est candidat pour la deuxième fois à l’élection présidentielle. Faisant entre autres choses les frais d’une multitude de candidatures à gauche -dont Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira -, il échoue à se qualifier. Pour la première fois, l’extrême droite, représentée par Jean-Marie Le Pen, franchit l’obstacle du premier tour. Jacques Chirac est réélu avec plus de 82 % des voix au soir du second tour mais c’est l’annonce de Lionel Jospin au soir du premier qui marque un tournant pour lui.

« J’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique »

Ce soir du 21 avril 2002, de son QG de campagne, l’ancien diplomate ne tait pas sa blessure derrière des mots. « Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle vient de tomber comme un coup de tonnerre », commence-t-il devant ses soutiens, abasourdis. « Voir l’extrême droite représenter 20 % des voix dans notre pays et son principal candidat affronter celui de la droite au second tour est un signe très inquiétant pour la France et pour notre démocratie ». Il ne cache pas sa déception après cinq années de travail acharné.

Le 5 janvier 2010, Lionel Jospin assistait à la diffusion d'un documentaire qui lui était consacré. LP/Olivier Corsan

« J’assume pleinement la responsabilité de cet échec », dit-il. Puis « j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique », une décision qui plonge ses supporters dans la sidération. Ont-ils bien entendu ? Oui. Ses plus fidèles soutiens, désappointés, lui reprocheront ensuite ce départ au milieu du gué, et regretteront que son panache personnel leur interdise tout « droit d’inventaire » sur sa gouvernance, lui qui avait tant pesé pour disséquer les deux septennats de François Mitterrand. Il tente ensuite, par petites touches, de revenir.

À la ville, Lionel Jospin avait eu deux enfants avec sa première épouse, son fils Hugo, compositeur, et sa fille Eva, qui connaît un succès international comme sculptrice. Il était remarié à la philosophe Sylviane Agacinski depuis plus de trente ans.

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