L’ancien premier ministre islamiste tunisien Ali Laarayedh, accusé d’être impliqué dans l’envoi de djihadistes à l’étranger, a été condamné en appel à 24 ans de prison, une affaire qui a pendant des années agité le débat public en Tunisie. Le verdict a été rendu dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué à l’AFP son avocat, Oussama Bouthelja. En première instance en mai dernier, il s’était vu infliger 34 ans de prison. Après la révolution de 2010-2011, qui a chassé Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir, la Tunisie a connu l’essor d’une mouvance djihadiste ayant culminé en 2015 avec une série d’attentats (plusieurs dizaines de touristes étrangers tués à Sousse et à Tunis).
Environ 5500 Tunisiens ont combattu, selon l’ONU, auprès de groupes djihadistes dont l’organisation l’État islamique (EI) en Irak, Syrie ou Libye entre 2011 et 2016. Le parti islamiste Ennahdha, dont Laarayedh est l’un des responsables historiques et qui a dominé la vie politique tunisienne jusqu’à l’été 2021, a été accusé d’avoir facilité l’envoi de ces djihadistes à l’étranger, ce que la formation a toujours nié. Depuis sa prison, Laarayedh, qui fut premier ministre de mars 2013 à janvier 2014 après avoir été ministre de l’Intérieur de 2011 à 2013, a clamé son innocence.
La cour d’appel de Tunis a également réduit les peines de Fathi Beldi et Abdelkrim Labidi
Il a été accusé de «formation et appartenance à une organisation terroriste» et d’avoir facilité l’envoi de djihadistes vers les zones de conflit en Irak et Syrie, a précisé Oussama Bouthelja. Il avait été arrêté en décembre 2022 en vertu de la loi antiterroriste. Son procès s’est ouvert en novembre 2024. Plusieurs autres personnes étaient jugées dans la même affaire.
La cour d’appel de Tunis a également réduit les peines de Fathi Beldi et Abdelkrim Labidi, d’anciens membres des forces de sécurité, de 26 à 22 ans de réclusion, ont rapporté des médias locaux, citant une source judiciaire. En tout, la cour a prononcé des peines allant de trois à 24 ans de prison. Ali Laarayedh avait déjà passé 15 ans en prison, dont 10 à l’isolement, sous la dictature de Zine El Abidine Ben Ali «pour complot visant à renverser le gouvernement par la violence».
Avec AFP

