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Surpopulation des prisons : le Mali annonce le test du bracelet électronique en 2026

Surpopulation des prisons : le Mali annonce le test du bracelet électronique en 2026Gazeti africa 55
18 février 2026
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Samedi dernier , à la clôture de la quatrième édition de la Semaine nationale de la justice, le Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a levé le voile sur l’une des réformes les plus attendues du secteur judiciaire : l’expérimentation du bracelet électronique dès 2026. Une annonce qui intervient dans un contexte de surpopulation carcérale chronique et de tensions persistantes entre Bamako et certaines organisations internationales de défense des droits humains.

La surpopulation carcérale n’est plus un secret au Mali. Elle est devenue l’un des angles morts du système pénitentiaire. Infrastructures vétustes, budgets limités, recours massif à la détention préventive : les établissements pénitentiaires peinent à absorber un flux constant de détenus.
La Maison centrale d’arrêt de Bamako en est l’illustration la plus emblématique. Face à la pléthore, les autorités ont engagé des transferts vers d’autres établissements à Kéniéroba, Koulikoro, Dioïla ou encore Kati. « Nous avons poursuivi le transfert des détenus (…) principalement pour éviter la pléthore », a expliqué le ministre.

Mais ces mesures d’urgence ne suffisent plus. D’où l’option du bracelet électronique, présentée comme une alternative crédible à l’incarcération classique.

Introduite dans la réforme du Code pénal et du Code de procédure pénale adoptée en 2024, la détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE) s’appliquerait aux peines inférieures à deux ans ou dans le cadre d’un aménagement de peine. Le principe est simple : permettre au condamné d’exécuter sa peine à domicile, sous contrôle électronique, plutôt que derrière les barreaux.

Plusieurs pays africains, notamment le Sénégal, ont déjà expérimenté ce dispositif. Pour Bamako, l’enjeu est double : désengorger les prisons et favoriser la réinsertion sociale.
Reste que sa mise en œuvre posera des défis techniques et financiers. Le suivi électronique nécessite une infrastructure fiable, des agents formés et un encadrement juridique strict pour éviter les dérives.

L’expérimentation du bracelet électronique, prévue pour 2026, sera un test grandeur nature. Au-delà de l’effet d’annonce, c’est sa capacité à transformer durablement le paysage pénitentiaire malien qui sera scrutée. Dans un pays confronté à la fois à l’urgence sécuritaire et aux exigences du respect des droits fondamentaux, la justice se retrouve plus que jamais au centre du jeu.

 Bamako matin

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