Le Premier ministre libyen Abdulhamid Dbeibah a lancé samedi une stratégie de réforme sur 100 jours destinée à restructurer un secteur de la santé qu’il qualifie de « plus problématique » hérité par son gouvernement, dans un contexte de dysfonctionnements persistants et de recours massif aux soins à l’étranger.
S’exprimant lors d’une cérémonie organisée par le ministère de la Santé à Tripoli, le chef du gouvernement d’unité nationale a dressé un constat sévère de l’état du système sanitaire libyen.
Selon ses déclarations relayées par le service de presse du Premier ministre, le secteur souffre de « problèmes profondément enracinés » accumulés depuis plus de trois décennies. « Le ministère de la Santé était le pire que j’aie hérité du gouvernement », a-t-il affirmé, estimant qu’entre 80 et 90 % des Libyens ont déjà eu recours à des soins médicaux à l’étranger.
Cette dépendance vis-à-vis des structures sanitaires hors du pays illustre, selon lui, l’ampleur des défaillances internes, tant en matière d’infrastructures que de gouvernance. Abdulhamid Dbeibah a également pointé le manque de données fiables et de systèmes d’information performants, considérés comme un frein majeur à toute planification stratégique et à l’allocation efficiente des ressources publiques.
L’initiative, intitulée « 100 jours pour les réformes prioritaires », vise à restructurer les services de santé, améliorer leur performance et restaurer la confiance des patients. Le Premier ministre a reconnu que les malades en Libye continuaient de souffrir d’un accès insuffisant à des soins de qualité, appelant à « des efforts considérables et des plans concrets » pour redresser la situation. Le programme entend notamment agir sur l’organisation administrative, la modernisation des équipements et la formation des personnels.
Dans ce cadre, 20 établissements de santé doivent être inaugurés à travers le pays, selon le service de presse du gouvernement. Parmi ces structures figure le Conseil des spécialités médicales, doté de salles de formation et d’équipements technologiques modernes. L’objectif affiché est de renforcer la formation des médecins spécialistes et d’élever le niveau de compétence du personnel médical et paramédical, afin de réduire à terme la dépendance aux soins à l’étranger et d’améliorer la prise en charge au niveau national.
MK/AK/APA

