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Cameroun : une conférence ministérielle de l’OMC en pleine tempête pour le commerce mondial

Cameroun : une conférence ministérielle de l’OMC en pleine tempête pour le commerce mondialGazeti africa 55
26 mars 2026
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Gazeti Africa 55 et RFI, Jeudi 26 Mars 2026

Après un mois de guerre au Moyen-Orient autour des plus grandes sources d’énergies fossiles de la planète, quatre ans de guerre en Ukraine, et plus d’un an du nouveau mandat de Donald Trump : c’est dans ce contexte que s’ouvre la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ce jeudi 26 mars à Yaoundé. Mais cette institution reste l’un des ultimes cadres de dialogue international.

Ce 26 mars 2026 s’ouvre à Yaoundé la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle a notamment pour objectif de réduire les obstacles au libre-échange pour favoriser au maximum les échanges commerciaux dans le monde. « Une réunion qui intervient à un moment critique pour le système commercial mondial », a souligné le président du Conseil général de l’OMC.

Entre redéfinition des échanges commerciaux par l’administration Trump et pressions sur les flux liés à la fermeture du détroit d’Ormuz, l’OMC est sous pression.

Enjeux multiples

À l’agenda, plusieurs sujets : le commerce électronique, les conditions de concurrence sur les marchés – notamment les marchés agricoles – avec, en toile de fond, les risques que font peser la crise au Moyen-Orient sur la sécurité alimentaire.

Le coton et l’enjeu des subventions ont été remis à l’ordre du jour par le Cameroun, pays organisateur de cette conférence ministérielle. Ce sujet avait disparu de l’agenda depuis près de 10 ans.

Surtout, il s’agira d’impulser une dynamique concernant la réforme de l’OMC qui connaît d’importantes difficultés. Son système de prise de décision fondé sur le consensus de ses 166 membres paralyse l’organisation.

Autre enjeu de poids : trouver une solution au blocage concernant l’organe de règlement des différends. La politique tarifaire de Donald Trump et le conflit au Moyen-Orient rebattent en effet les cartes du commerce mondial et mettent sous pression l’OMC.

Donald Trump a réinvesti cette enceinte internationale

Avec son désormais célèbre tableau de tarifs douaniers, le président américain a, de fait, totalement rebattu les cartes du commerce mondial.

Antoine Comont, doctorant spécialiste de l’OMC, explique, au micro de Charlotte Cosset : « Les tarifs douaniers qui ont été pris par Donald Trump sont évidemment incompatibles avec le droit qui a été mis en place par l’Organisation mondiale du commerce et avant elle, par le Gatt [accord international signé en 1947 visant à réduire les droits de douane et à favoriser le libre-échange entre les pays, avant d’être remplacé l’OMC en 1995, NDLR]. Deuxième chose, les accords qui s’en sont suivis : les pays partenaires, les partenaires commerciaux des États-Unis comme l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Japon, etc, ont conclu des accords avec les États-Unis pour essayer de modérer les droits de douane appliqués par le président américain. Ces accords-là sont aussi contraires avec le droit de l’OMC. Donc, Trump, il n’en a que faire des règles commerciales internationales. Lui, ce qu’il veut, c’est s’assurer que sa balance commerciale soit excédentaire. »

L’administration Trump bloque également la nomination de juges au sein de l’organe de règlement des différends. Mais, malgré cela, Donald Trump a réinvesti cette enceinte internationale.

« La chose qui est curieuse, c’est que l’administration américaine précédente, celle de Joe Biden, n’avait pas versé ses cotisations obligatoires au budget de l’OMC, ce qui avait créé une tension budgétaire assez importante au sein de l’institution. Or, l’administration Trump a rattrapé ce retard et a versé sa contribution pour les années 2024 et 2025, là, où, évidemment, on ne s’attendait pas à ce que les États-Unis versent leur contribution, souligne Antoine Comont. C’est quand même signe que les États-Unis ne sont pas prêts à quitter l’OMC et n’ont pas abandonné complètement la possibilité que l’OMC puisse produire des résultats et notamment peut-être à la conférence ministérielle de Yaoundé ».

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