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Le prix des carburants augmente de 14 % à 30 % en Egypte, pour la troisième fois en un an

Le prix des carburants augmente de 14 % à 30 % en Egypte, pour la troisième fois en un anGazeti africa 55
10 mars 2026
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Ahraminfo , Mardi, 10 mars 2026

Cette nouvelle grille tarifaire frappe lourdement le diesel, combustible le plus utilisé par les usagers et les transporteurs de marchandises, ainsi que l’octane 80, le plus utilisé dans le transport privé (taxi, microbus), dont le prix a grimpé de plus de 17 %.

Le ministère égyptien du Pétrole et des Ressources minérales a annoncé qu’une hausse immédiate de 3 livres égyptiennes serait appliquée à compter de mardi 10 mars sur le prix des carburants, soit une augmentation comprise entre 14 % et 30 %, en raison de l’escalade militaire au Moyen-Orient.

Cette mesure, la troisième en un an, intervient alors que le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars sur les marchés internationaux.

« Cette décision s’inscrit dans le cadre de la situation exceptionnelle résultant des développements géopolitiques au Moyen-Orient et de leurs impacts directs sur les marchés mondiaux de l’énergie », a précisé le ministère dans son communiqué officiel alors que la mesure en entrée en vigueur à 3h00 du matin.

Le tarif du litre d’octane 95, utilisé principalement par les catégories aisées, passe de 21 à 24 livres égyptiennes, soit une hausse de 14,29 %. Celui de l’octane 92, consommé essentiellement par la classe moyenne, passe de 19,25 à 22,25 livres égyptiennes, enregistrant une hausse de 15,58 %.

Le prix de l’octane 80, utilisé notamment par les taxis et les microbus, passe lui de 17,75 à 20,75 livres égyptiennes, soit une hausse de 16,9 %. Le prix du diesel passe de 17,5 à 20,5 livres égyptiennes, soit une augmentation de 17,4 %.

Le prix du gaz naturel pour véhicules, utilisé notamment par les taxis et quelques moyens de transport public, passe de 10 à 13 livres le mètre cube, soit une augmentation d’environ 30 %.

Le prix de la bonbonne de gaz domestique (12,5 kg) atteint désormais 275 livres égyptiennes contre 225 livres auparavant. La bonbonne à usage commercial est, quant à elle, passée de 450 à 550 livres égyptiennes.

L’instabilité actuelle a provoqué un renchérissement du coût des importations et de la production nationale, alors que les perturbations logistiques et la hausse des frais d’assurance ont entraîné une flambée des prix pétroliers mondiaux inédite depuis des années, selon le ministère.

« Face à ces enjeux, l’État intensifie ses projets d’exploration et de production locale pour réduire sa facture d’importation », a ajouté le communiqué.

Les tarifs du transport public augmentent
En parallèle, le gouvernorat du Caire a révisé ce mardi les tarifs des transports publics et privés, incluant les microbus, les bus et les taxis blancs. Cette hausse, comprise entre une et trois livres selon les trajets, s’applique immédiatement à l’ensemble du réseau de la capitale et des liaisons interurbaines.

Le gouverneur de Gizeh a également annoncé l’application, dès ce mardi, d’une nouvelle grille tarifaire pour les microbus et les transports collectifs, qu’ils soient internes ou interurbains. Cette révision se traduit par une augmentation de 17 %.

Perturbations des approvisionnements mondiaux
L’offensive militaire américano-israélienne contre l’Iran et les frappes en représailles menées par Téhéran contre les bases américaines ont provoqué de graves perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les hostilités dans le détroit d’Ormuz, point de passage de 20 % de la production mondiale de brut, ont entraîné une quasi-paralysie de la navigation ainsi qu’une hausse drastique des frais d’assurance et de fret maritime.

La paralysie dans la région fait suite au contrôle « total » revendiqué par les Gardiens de la Révolution iraniens du détroit d’Ormuz.

L’Iran a promis mardi que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient « jusqu’à nouvel ordre », dans un rejet cinglant des propos de Donald Trump la veille sur une guerre « quasiment » terminée.

Lundi, le baril de Brent a bondi de 16,18 % pour s’établir à 107,69 dollars, provoquant une onde de choc sur les places boursières.

En 2025, l’Egypte avait déjà relevé les prix du carburant à deux reprises : une première fois en avril, puis en octobre avec une hausse de 13 %, promettant alors de stabiliser les tarifs pendant au moins un an.

L’Egypte a déjà relevé les prix des carburants à quatre reprises au cours des deux dernières années dans le cadre d’un programme de réformes en échange d’un programme d’aide de 8 milliards de dollars sur près de quatre ans de la part du FMI.

Le Premier ministre égyptien, Mostafa Madbouly, avait toutefois averti le 3 mars que la persistance du conflit régional pourrait contraindre les autorités à revoir leur politique tarifaire.

Il avait précisé que toute augmentation éventuelle serait « exceptionnelle et temporaire ».

Pour rappel, les précédentes hausses de tarifs avaient entraîné une augmentation du coût des transports publics de l’ordre de 10 % à 15 %, pesant directement sur le pouvoir d’achat des citoyens dans un contexte économique déjà fragile.

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