L’Assemblée des experts avait annoncé dimanche matin la nomination d’un nouveau guide suprême, sans en révéler le nom.
Après sa nomination, son identité était un temps restée secrète. Les Gardiens de la Révolution ont rendu public ce dimanche le nom du nouveau guide suprême iranien. Il s’agit de Mojtaba Khamenei, fils du défunt ayatollah, dont le nom circulait comme son possible successeur.
Plus tôt ce dimanche, l’Assemblée des experts a annoncé avoir choisi le nouveau guide suprême pour succéder à l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février par des frappes israélo-américaines, sans dévoiler son identité. « Le vote pour nommer le guide a eu lieu et le guide a été choisi », a déclaré Ahmad Alamolhoda, membre de l’Assemblée des experts, cité par l’agence de presse Mehr. Le secrétariat de l’instance annoncera le nom ultérieurement, avait-il ajouté.
Au cœur du pouvoir iranien, le guide suprême – qui a le dernier mot sur toutes les affaires de l’État – est la plus haute autorité politique et religieuse de la République islamique.
« Une cible »
Second fils du guide suprême, Mojtaba Khamenei n’occupait aucune fonction au sein de gouvernement de la République islamique, mais était, d’après Reuters « connu pour entretenir des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution » – l’armée idéologique de la République islamique d’Iran- et agissait « en coulisses » en tant que « gardien de son père » défunt.
En 2019, il s’était vu imposer des sanctions par le département du Trésor américain, qui affirmait qu’il représentait le guide suprême « à titre officiel alors qu’il n’avait jamais été élu ni nommé à un poste gouvernemental ».
Sur son parcours, l’on sait que le fils de l’ex-ayatollah a étudié sous la houlette des religieux conservateurs les plus éminents du pays à Qom. Il détient notamment le titre clérical de Hojjatoleslam, un cran en dessous du rang d’ayatollah, un poste seulement occupé dans le passé par son père et par Ruhollah Khomeini, fondateur de la République islamique. Mojtaba Khamenei a également servi pour le corps militaire islamique durant la dernière phase de la guerre entre l’Iran et l’Irak, de 1980 à 1988.
Ces derniers jours, l’État hébreu a fait savoir que le nouveau guide suprême serait « une cible » : « Tout dirigeant nommé par le régime terroriste iranien sera une cible sans équivoque pour élimination », a assuré Israël Katz.
Donald Trump avait quant à lui affirmé jeudi qu’il « devait être impliqué » dans le choix du successeur de Ali Khamenei, et fait savoir qu’il n’accepterait pas que son fils prenne la relève. Ce dimanche, il a redit que le prochain dirigeant iranien « ne tiendra pas longtemps » sans son aval.
En réponse, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a affirmé ce dimanche dans une interview à la chaîne NBC que « c’est au peuple iranien de choisir son nouveau dirigeant » et à « personne d’autre ». « Nous ne laissons personne interférer dans nos affaires intérieures. C’est au peuple iranien de choisir son nouveau dirigeant. (…) Ça ne regarde que le peuple iranien, et personne d’autre », a déclaré Abbas Araghchi.
Avec AFP

