Le vice-président du Conseil présidentiel libyen, Abdullah Al-Lafi, a estimé que toute initiative politique visant à sortir la Libye de l’impasse devait reposer sur trois conditions essentielles. C’était lors d’une rencontre à Tripoli avec la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Hanna Tetteh.
La réunion, tenue lundi, s’inscrit dans le cadre des consultations menées par la cheffe de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) avec les principaux acteurs politiques du pays afin d’évaluer les perspectives de relance du processus politique. Selon une déclaration publiée par Al-Lafi sur sa page Facebook, le responsable libyen a insisté sur la nécessité pour toute approche politique efficace de s’appuyer d’abord sur une vision souveraine claire, capable de prendre en compte les équilibres complexes de la scène politique libyenne.
Il a également souligné l’importance du respect du principe d’appropriation nationale du processus politique, estimant que les solutions durables doivent émaner des Libyens eux-mêmes. La troisième condition, selon lui, repose sur un engagement sérieux et responsable de l’ensemble des acteurs politiques, condition indispensable pour sortir le pays d’une crise institutionnelle qui perdure depuis plusieurs années.
Abdullah Al-Lafi a par ailleurs indiqué que le Conseil présidentiel considère les efforts des Nations Unies comme un facteur de soutien et de complémentarité, et non comme un substitut à la volonté nationale. Selon lui, la coopération avec l’ONU doit s’inscrire dans un partenariat respectant la souveraineté libyenne et visant à élaborer une solution politique équilibrée capable de réunifier les institutions et de préserver l’unité de l’État.
De son côté, Hanna Tetteh a présenté au vice-président du Conseil présidentiel les principaux éléments de son récent exposé devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment les piliers proposés pour une nouvelle feuille de route politique. Celle-ci s’articule autour de plusieurs axes structurants, parmi lesquels le dialogue sur l’économie, la gouvernance, la sécurité, la réconciliation nationale et la protection des droits de l’homme.
Selon le bureau de presse du Conseil présidentiel, les discussions ont également porté sur le rôle des principaux acteurs politiques dans l’élaboration d’une approche intégrée permettant de s’attaquer aux causes profondes de la crise institutionnelle libyenne. L’objectif serait de jeter les bases d’un processus politique global fondé sur le consensus, susceptible de conduire à la réunification des institutions de l’État et à la consolidation de la légitimité politique.
La rencontre entre Al-Lafi et la responsable onusienne intervient dans un contexte marqué par la persistance des divisions politiques entre les institutions rivales du pays et par les difficultés à organiser des élections nationales. Les consultations engagées par la MANUL visent à identifier les conditions d’un règlement politique durable, alors que la Libye demeure confrontée à une fragmentation institutionnelle et à des tensions persistantes plus d’une décennie après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
MK/AK/Sf/APA

