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Afrique du Sud : 4323 agents fantômes dans la fonction publique

Afrique du Sud : 4323 agents fantômes dans la fonction publiqueGazeti africa 55
5 mars 2026
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Un audit préliminaire de la masse salariale de la fonction publique sud-africaine a mis au jour 4 323 potentiels « fonctionnaires fantômes » dans divers départements gouvernementaux, a annoncé jeudi le Comité de portefeuille parlementaire chargé de la fonction publique et de l’administration, avertissant que ces résultats révèlent de profondes failles dans les mécanismes de contrôle financier de l’État.

Le président du comité du portefeuille parlementaire sud-africain, Jan de Villiers, a indiqué que les premiers résultats du processus de vérification laissent entrevoir une fraude salariale potentiellement massive, dans un contexte où la rémunération des agents publics absorbe déjà près d’un tiers des dépenses publiques consolidées.

« Les agents dont l’existence ne peut être vérifiée doivent être traités promptement et dans le respect des procédures légales », a-t-il déclaré, précisant que le comité attend une ventilation détaillée des cas signalés, notamment l’identification des départements et provinces concernés, ainsi que l’évaluation de l’exposition financière de l’État.

« L’intégrité de la fonction publique est le socle de la gouvernance constitutionnelle, et la vérification des faits, tout comme les mesures qui en découlent, ne sauraient souffrir de délai », a-t-il insisté.

Le comité a également appelé le Trésor national et le Département de la fonction publique et de l’administration à accélérer le processus de vérification, qui comprend notamment la reconnaissance faciale croisée avec le Registre national de la population ainsi que des contrôles physiques sur le terrain. La prochaine phase devra intégrer des systèmes de paie améliorés et une plateforme d’authentification unique pour les agents publics, afin de réduire les irrégularités.

L’Afrique du Sud est aux prises depuis plus d’une décennie avec une corruption profondément enracinée, la fraude salariale dans le secteur public étant régulièrement signalée par le Contrôleur général des finances comme un risque persistant. Les fonctionnaires fantômes — des individus inscrits sur les listes de paie sans être réellement en poste — ont coûté à l’État des milliards de rands au fil des années, en particulier dans les départements provinciaux et les municipalités où les mécanismes de contrôle sont les plus défaillants.

Le comité a qualifié l’audit en cours d’étape décisive dans la reconstruction d’une fonction publique professionnelle et éthique, après des années de dérive institutionnelle liée à la captation de l’État et à une gestion financière défaillante à grande échelle. Il a salué les nouvelles allocations budgétaires destinées à moderniser le système de paie gouvernemental et à étendre la plateforme nationale de passation de marchés en ligne, jugeant ces réformes indispensables pour renforcer la transparence et réduire les opportunités de fraude.

JN/lb/ac/Sf/APA

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