Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko a présidé mardi une réunion spéciale sur l’évolution du secteur des produits pétroliers, dans un contexte international marqué par une intensification du conflit au Moyen-Orient, avec pour objectif de sécuriser l’approvisionnement du Sénégal et de protéger les ménages vulnérables.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, mardi, une réunion spéciale consacrée à la situation du secteur des produits pétroliers au Sénégal, dans un contexte international marqué par l’escalade militaire au Moyen-Orient, avec pour priorité la sécurisation de l’approvisionnement et la protection des ménages vulnérables.
Cette rencontre intervient deux jours après une déclaration vidéo du chef du gouvernement, également président du parti Pastef Les Patriotes, dans laquelle il alertait sur de graves perturbations économiques mondiales et africaines liées à l’intensification du conflit au Moyen-Orient.
Dimanche, il avait estimé que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran pourraient provoquer une onde de choc économique globale, évoquant notamment les risques pesant sur le détroit d’Ormuz, par où transite une part importante du pétrole mondial, avec à la clé une flambée des prix de l’énergie, des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une hausse du coût de la vie.
Il avait souligné que des pays dépendants des importations d’hydrocarbures, comme le Sénégal, pourraient subir des répercussions significatives, affectant l’investissement, la mobilité des capitaux, les marchés financiers et la sécurité alimentaire. Il avait également appelé à une désescalade rapide et à un retour au dialogue sur la scène internationale.
La réunion de mardi s’inscrit ainsi dans une démarche d’anticipation face à ces risques. À son issue, un comité interministériel a été mis en place pour assurer un suivi régulier et rigoureux de la situation et veiller à l’application des mesures décidées afin de préserver la stabilité du marché intérieur.
En décembre 2025, les importations de produits pétroliers maintiennent un niveau significatif malgré un contexte général de repli des importations totales (-24,6 % sur un an). Les autres produits pétroliers constituent le premier poste avec 105,5 milliards de FCFA, suivis des produits pétroliers à 90,4 milliards. Les huiles brutes de pétrole, quant à elles, n’enregistrent aucune importation ce mois-ci. Sur le cumul annuel 2025, seuls les produits pétroliers progressent (+23,3 %), tandis que les autres produits pétroliers reculent de 14,3 % et les huiles brutes restent stables (+0,4 %). Au total, le groupe « Énergie et lubrifiants » affiche un recul annuel de 10,7 %, à 1 953,1 milliards de FCFA.
La Russie demeure le premier fournisseur en énergie et lubrifiants (34,9 milliards de FCFA), devant l’Espagne (9,7 milliards) et la France (9,5 milliards), cette dernière enregistrant la plus forte progression sur un an (+244,8 %).
La guerre s’est intensifiée après qu’une opération conjointe des forces américaines et israéliennes a ciblé, le 28 février, plusieurs installations stratégiques en Iran, entraînant la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, et de plusieurs hauts responsables militaires et politiques, selon les déclarations officielles iraniennes.
Cette élimination a déclenché une série de ripostes de Téhéran par des lancements de missiles et de drones contre Israël et des bases américaines dans le Golfe, tandis que les combattants du Hezbollah, alliés de l’Iran, ont multiplié les attaques contre Israël depuis le Liban.
Les frappes ont également visé des infrastructures diplomatiques, avec des attaques de drones près d’ambassades occidentales dans la région.
Cette escalade majeure a mené à la fermeture effective du détroit d’Ormuz, perturbant le trafic pétrolier mondial et accentuant les tensions économiques.
AC/Sf/APA

