Le président Cyril Ramaphosa a appelé à la fin immédiate des violences au Soudan du Sud, avertissant que le pays risque de sombrer davantage dans l’instabilité si ses dirigeants n’agissent pas d’urgence pour rétablir la paix et préparer des élections crédibles.
S’exprimant lors du Sommet du Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan du Sud (C5 Plus) à Addis-Abeba, M. Ramaphosa a déclaré que la région devait « agir avec urgence, courage et unité » pour éloigner le Soudan du Sud d’un nouveau conflit.
Il a ajouté que si les dirigeants régionaux étaient prêts à apporter leur aide, la responsabilité de la paix incombait en dernier ressort aux dirigeants du Soudan du Sud.
« Il appartient aux dirigeants du Soudan du Sud d’agir de bonne foi et de faire preuve de la volonté d’entreprendre un processus inclusif qui favorise la cohésion nationale », a déclaré le dirigeant sud-africain. Ajoutant : « Les choix qui seront faits dans les mois à venir vont déterminer si le Soudan du Sud s’engage sur la voie d’une paix durable ou s’il replonge dans des cycles d’instabilité. »
Le sommet, tenu en marge de l’Assemblée de l’Union africaine qui vient de s’achever, a marqué la première réunion des chefs d’État du groupe C5 depuis 2018.
Le Soudan du Sud peine à mettre en œuvre l’Accord revitalisé de 2018 sur le règlement du conflit, signé pour mettre fin à des années de guerre civile entre les forces loyales au président Salva Kiir et celles de son rival de l’époque, le vice-président Riek Machar.
Malgré cet accord, les tensions politiques, les violences sporadiques et les retards dans l’unification des forces de sécurité ont freiné les progrès, suscitant des inquiétudes à l’approche des élections prévues en décembre.
Malgré cet accord, Ramaphosa a déclaré que l’accord « demeure le principal instrument juridique » guidant la transition au Soudan du Sud et a exhorté toutes les parties à réaffirmer leur engagement à respecter ses termes.
Il a présenté les principales recommandations du sommet, notamment un cessez-le-feu immédiat, la libération des détenus politiques, un dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes et le strict respect du calendrier électoral.
« Le peuple du Soudan du Sud aspire à vivre dans un pays pacifique et prospère, et les élections à elles seules ne garantiront pas une paix durable (…) Un environnement politique et sécuritaire favorable est essentiel », a-t-il affirmé.
Le sommet a également approuvé la nomination d’un ancien chef d’État africain comme médiateur entre Kiir et Machar et a validé un mécanisme de supervision conjoint impliquant l’UA, l’IGAD et le C5 pour suivre la mise en œuvre de la médiation.
L’Afrique du Sud, récemment élue au Conseil de paix et de sécurité de l’UA, devrait jouer un rôle central dans le soutien au processus de médiation.
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