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CEA: mise en garde contre les exportations de matières premières

CEA: mise en garde contre les exportations de matières premièresGazeti africa 55
11 février 2026
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Le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a exhorté les pays africains à éviter une dépendance excessive aux exportations de matières premières, les appelant à restructurer leur modèle économique.

S’exprimant mercredi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, lors de la 48e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), Claver Gatete de la CEA a estimé que l’Afrique devait accélérer son industrialisation, renforcer la valeur ajoutée locale et diversifier ses économies afin de mieux résister aux chocs extérieurs et à la volatilité des marchés mondiaux.

Il a souligné que la transformation économique ne saurait reposer uniquement sur des réformes commerciales et financières.

« Les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement doivent être considérés comme des infrastructures économiques essentielles et non uniquement comme des services sociaux », a-t-il déclaré.

« Les règles du développement sont en train de changer », a affirmé M. Gatete devant les ministres africains des Affaires étrangères, relevant que la faiblesse de la croissance mondiale, les tensions commerciales croissantes et la complexité accrue des chaînes d’approvisionnement redessinent le paysage économique international.

Selon lui, les pays africains doivent réduire leur dépendance extérieure en renforçant la production domestique et en approfondissant l’intégration régionale.

« Les coûts élevés du financement freinent directement l’expansion industrielle sur le continent », a-t-il ajouté.

Le responsable de la CEA a attiré l’attention sur ce qu’il qualifie de contrainte structurelle en matière de financement. À ce jour, seuls trois pays africains disposent d’une notation de crédit de catégorie investissement, une situation qui renchérit le coût de l’emprunt et limite l’accès à des capitaux à long terme abordables.

Plus de 300 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable, une pénurie qui perturbe les zones industrielles, ralentit le développement urbain et affaiblit la compétitivité, a-t-il poursuivi.

« Lorsque les intrants de production ne sont pas fiables, les économies ne peuvent pas produire de manière compétitive », a souligné M. Gatete, insistant sur le lien direct entre la sécurité hydrique et la performance industrielle.

Pour impulser une transformation structurelle, il a proposé plusieurs priorités, notamment le renforcement de la mobilisation des ressources internes, la planification intégrée des infrastructures, la mise en œuvre complète de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ainsi que l’investissement dans les infrastructures publiques numériques et l’intelligence artificielle.

S’agissant des recettes nationales, M. Gatete a indiqué que le ratio moyen impôts/PIB en Afrique s’établit autour de 16 %, contre environ 34 % en Europe, estimant qu’un élargissement de l’assiette fiscale et une meilleure administration des recettes offriraient aux gouvernements une marge budgétaire accrue pour financer le développement.

Avec APA

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