La Cour d’appel de Tunis a porté à 20 ans de réclusion la peine prononcée contre Rached Ghannouchi, chef du mouvement Ennahdha, dans l’affaire dite du « complot 2 », a indiqué, ce mardi 3 février, l’un de ses avocats.
L’ancien président du Parlement tunisien est détenu depuis 2023.
La Cour a retenu notamment les chefs d’accusation de « complot contre la sûreté intérieure de l’État », selon Me Samir Dilou.
En première instance, Rached Ghannouchi, âgé de 84 ans, avait été condamné à 14 ans de prison.
Parallèlement, Nadia Akacha, l’ancienne directrice du cabinet présidentiel et ex-bras droit de Kaïs Saïed, a été condamnée par contumace à 35 ans de réclusion avec exécution immédiate, reflétant la sévérité du tribunal envers les accusés en état de fuite.
Selon le comité de défense, Ghannouchi a décidé de ne pas se pourvoir en cassation. Ses avocats estiment que les conditions d’un procès équitable ne sont pas réunies et dénoncent des poursuites à caractère politique.
L’affaire dite du « complot 2 » concerne une vingtaine de personnes, parmi lesquelles Nadia Akacha, ancienne cheffe de cabinet du président Kaïs Saïed, et Youssef Chahed, Premier ministre de 2016 à 2020, tous deux poursuivis par contumace et actuellement à l’étranger. Les prévenus étaient jugés pour complot contre la sûreté intérieure de l’État et pour constitution d’une organisation en lien avec des crimes terroristes, selon le dossier d’instruction.
Les juges reprochent à Rached Ghannouchi, à plusieurs dirigeants d’Ennahdha dont son gendre Rafik Abdessalem ainsi qu’à Kamel Bedoui, militaire à la retraite, d’avoir mis en place un dispositif sécuritaire clandestin au profit du parti Ennahda.
Ce dossier, qui mêle des figures de l’ancien gouvernement pro-frères musulmans, d’anciens hauts responsables de l’Etat et des cadres sécuritaires, demeure au cœur des critiques des organisations internationales, qui y voient une instrumentalisation de la justice à des fins de répression politique, tandis que le pouvoir défend une procédure nécessaire à la protection de la sécurité nationale.

