Alors qu’ils sont visés par une procédure d’entrave au Congrès pour leur refus de comparaître dans l’affaire Epstein, le couple Clinton a annoncé, ce lundi 2 février, accepter de témoigner devant une commission d’enquête parlementaire, sans savoir ni le lieu ni la date des auditions.
Finalement, Bill et Hillary Clinton témoigneront bien devant une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein, dont de nouveaux documents ont été publiés ce vendredi 30 janvier. Le couple est visé par une procédure d’entrave au Congrès pour son refus, jusque-là, de comparaître en personne lors des dépositions menées par la commission dans le cadre de l’enquête sur l’homme d’affaires.
« Ils vous ont dit sous serment ce qu’ils savaient, mais vous n’en avez cure. L’ancien président et l’ancienne secrétaire d’État seront là. Ils ont hâte de créer un précédent qui s’applique pour tout le monde », a déclaré Angel Urena sur X lundi 2 février, en réponse à un message des élus républicains de cette commission qui demandait à entendre le couple sur les liens entre Bill Clinton et le criminel sexuel.
Avant ce communiqué, la commission des règles de la Chambre s’apprêtait à approuver l’organisation d’un vote devant l’ensemble des députés sur deux résolutions. En cas d’adoption, elles auraient recommandé au ministère de la Justice d’engager des poursuites à l’encontre de l’ex-président démocrate (1993-2001) et de l’ancienne cheffe de la diplomatie américaine (2009-2013).
« Personne ne peut mépriser une assignation à comparaître »
Mais cette commission a finalement décidé de reporter son vote, en attendant de déterminer si le couple avait bien décidé de se plier à leur assignation à comparaître. Si ces recommandations de poursuites étaient adoptées, une inculpation formelle devrait être initiée par le ministère de la Justice, avec à sa tête Pam Bondi, une fidèle de Donald Trump. Bill et Hillary Clinton, qui dénoncent une procédure aux pures motivations politiques, encourraient alors jusqu’à 12 mois de prison.
Selon CNN, depuis plusieurs jours, par l’intermédiaire de leurs avocats, les deux parties ont formulé plusieurs propositions, notamment un entretien volontaire de quatre heures en personne à New York. Une idée balayée par James Comer, le président de la commission de surveillance de la Chambre.
Les avocats de l’ancien président et de l’ancienne secrétaire d’État ont discuté à plusieurs reprises avec la commission à majorité républicaine depuis que des parlementaires des deux partis ont voté en janvier une motion de censure contre les Clinton pour avoir refusé de comparaître.
Même si le couple Clinton a indiqué accepter de témoigner, plusieurs questions restent en suspens. « Les avocats des Clinton ont déclaré qu’ils acceptaient certaines conditions, mais ces conditions restent floues et aucune date n’a été fixée pour leurs dépositions. S’ils ont accepté ces conditions, c’est uniquement parce que la Chambre a engagé une procédure pour outrage », a déclaré le chef de la commission d’enquête. « Je clarifierai les conditions auxquelles ils consentent et discuterai ensuite des prochaines étapes avec les membres de ma commission. »
« Personne, que ce soit un ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquences », avait martelé lundi l’élu républicain James Comer, chef de cette commission d’enquête, avant l’annonce du porte-parole de Bill Clinton.
Le couple avait été convoqué à plusieurs reprises par une commission parlementaire d’enquête sur la gestion par l’État de l’affaire Epstein, en raison de l’ancienne amitié unissant l’ex-président au financier.
Figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, Jeffrey Epstein était accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures. Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a alimenté d’innombrables théories du complot selon lesquelles il aurait été assassiné pour protéger des personnalités de premier plan.
Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord de son jet privé et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 n’avoir pas parlé à Jeffrey Epstein depuis plus d’une décennie. L’ex-président a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes et n’est pas inquiété par la justice en ce qui concerne sa relation avec le criminel sexuel.
Avec Agence France Presse (AFP)

